«Les éleveurs vont-ils suivre?» Patrick Le Rüe ne souhaite pas faire de pronostics. «Il y a aujourd’hui une vraie interrogation autour de l’avenir du Label Rouge», avoue le dirigeant. Si en avril 2001, la Commission nationale des labels et certifications (émanation du ministère de l’Agriculture) a défini un nouveau cahier des charges pour les produits de charcuterie, cinq ans plus tard, au terme de la période d’aménagement, l’approvisionnement fait défaut. «En toute logique, éleveurs et transformateurs se sont regardés en chien de faïence, explique Caroline Didry, du Sylaporc. Les charcutiers n’avaient guère envie de faire augmenter leurs prix, ce qui est normal, et en retour les éleveurs ne se sont pas lancés dans des investissements sans l’assurance de débouchés». L’élevage de porcs Label Rouge demande en effet aux producteurs d’investir: les bêtes doivent être plus âgées avant l’abattage, et également disposer de plus d’espace. Face au manque de matières premières, un échéancier a finalement été aménagé: les jambons Label Rouge devront contenir 50% de porc labellisé à partir de fin avril, 75% en janvier prochain et 100% pour avril 2007. La hausse des coûts pour des spécialistes du label comme Fleury Michon n’en est donc qu’à ses débuts. A terme, l’élevage pourra-t-il satisfaire la demande? «La filière est en plein développement», juge Caroline Didry. Quant à savoir si les volumes seront au rendez-vous, «cela reste une grosse inconnue», reconnaît-elle.
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