Abonné

UE/Japon Inclure les aliments et les boissons dans un futur accord de libre échange

- - 4 min

A deux semaines du Sommet UE-Japon prévu à la fin du mois de mai, la Confédération des industries agroalimentaires de l’UE (CIAA) invite les négociateurs européens à envisager un Accord de Libre Echange (ALE) couvrant les aliments et les boissons comme « la meilleure option pour les futures relations commerciales avec le géant nippon ».

Si la “fenêtre d’opportunité” de conclure le cycle de négociations de Doha cette année se ferme, nous estimons que le Sommet UE-Japon serait une bonne occasion pour l’UE et le Japon de déclarer leur volonté de s’engager dans un processus de négociation bilatérale, même si un accord multilatéral à l’OMC reste une priorité pour la CIAA et ses partenaires ». En vue du Sommet UE/Japon, prévu les 27 et 28 mai à Bruxelles, les dirigeants de la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) plaident pour un accord de libre échange de l’Union européenne avec le Japon, un pays dont l’économie souffre toujours des conséquences du séisme et du tsunami de mars 2011. Un accord de libre échange que les dirigeants nippons appellent de leurs vœux, considèrant que le relèvement de l’économie nationale constitue leur mission la plus urgente. Déjà en octobre 2010, le Japon avait souhaité commencer « le plus tôt possible » des négociations en vue de conclure un accord commercial avec l’UE, à l’image de celui conclu entre l’UE et la Corée du Sud. De leur côté, suite au séisme et au tsunami au Japon, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE s’étaient dits en mars 2011 prêts à « renforcer » leur relation avec le Japon « à travers le lancement possible de négociations » pour un accord de libre échange. Ils avaient toutefois précisé que Tokyo devait pour cela « s’attaquer à la question de ses barrières commerciales et de ses restrictions d’accès aux marchés publics pour les entreprises étrangères ».

Le Japon, quatrième plus important client agroalimentaire de l’UE
Selon la CIAA, le Japon est la quatrième plus importante destination à l’exportation pour les produits alimentaires et les boissons de l’UE. En 2009, la valeur des exportations aurait dépassé les 3 milliards d’euros, soit 8% des exportations totales de l’UE vers le Japon, tous secteurs confondus. En outre, les consommateurs japonais seraient de plus en plus ouverts à des aliments non traditionnels, ce qui augmente de ce fait le marché potentiel pour les denrées alimentaires et les boissons européennes au Japon.

Droits de douane et quotas japonais : des obstacles majeurs
Pour les dirigeants de la CIAA, contrairement à d’autres produits manufacturés, les droits de douane et les restrictions quantitatives sont encore les principaux obstacles pour les exportations de produits alimentaires et de boissons de l’UE vers le Japon. Pour augmenter la part de marché des Européens, la CIAA ne voit qu’une solution : éliminer les obstacles non tarifaires, les restrictions quantitatives et les droits de douane. Elle considère que seul un vaste accord de libre-échange constituerait « la solution optimale » pour aborder toutes ces questions. Plus précis, le lobby de l’industrie agro-alimentaire estime en particulier que les négociateurs de la Commission européenne devraient s’attacher à rechercher de meilleures conditions d’accès au marché nippon pour les produits laitiers, les produits à base de viande, les sucreries, les biscuits sucrés, les confitures et le chocolat. Mieux : pour surmonter « les différences culturelles » entre Japonais et Européens et bénéficier pleinement des avantages occasionnés par un « Accord de Libre Echange » avec le Japon, les décideurs politiques européens devraient également envisager le Japon comme un marché intéressant pour de nouvelles mesures dans le cadre du programme de promotion de l’UE pour les produits agroalimentaires.

Un impact potentiellement positif pour l’économie européenne
Aux yeux de la CIAA, « l’impact positif potentiel d’un meilleur accès aux marchés pour les produits alimentaires européens au Japon ne devrait pas être sous-estimé ». Celle-ci rappelle que l’industrie alimentaire et des boissons est le plus important secteur manufacturier dans l’UE, bénéficiant d’un chiffre d’affaires annuel de 954 milliards d’euros (près de 13 % du secteur manufacturier de l’UE) et employant 4,2 millions de personnes (13,5% du secteur manufacturier). Autrement dit, « de nouvelles possibilités d’exportation pour les produits alimentaires et l’industrie des boissons ne peuvent avoir qu’un potentiel d’impact économique et social positif à travers l’Europe ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.