Ce qui était politiquement incorrect depuis la libération des prix due à René Monory cesserait-il de l’être ? A écouter les réactions suscitées par le rapport final de l’Observatoire des prix et des marges, on peut se le demander. Sans doute cela dépasse la pensée de Philippe Chalmin comme de tout économiste bien en cour aujourd’hui, mais que de soupçons voire d’accusations se mettent à fleurir depuis quelques jours ! Il ne suffit pas de dire que l’Observatoire… observe et n’émet pas de jugement de valeur, ni qu’il n’a rien démontré tant qu’il n’aura pas disposé des marges nettes de tous, distributeurs compris.  La transparence n’est pas à ce stade un rempart suffisant contre les procès d’intention ni un gage d’apaisement des relations amont-aval. Pour l’heure, elle alimente seulement des revendications en faveur d’un… encadrement des prix, d’un blocage des marges ou de coefficients multiplicateurs que l’on croyait pourtant remisés aux oubliettes parmi les pires archaïsmes d’une époque révolue. En réalité,  depuis que le précédent président de la Fnsea  a demandé et obtenu de faire inscrire dans la loi (LMAP) la création d’un tel Observatoire dont la mission est de faire rapport chaque année au Parlement, il est ouvertement question d’indexer le prix des poulets ou des jambons sur le cours du maïs, du  soja ou du blé. Et si les distributeurs résistent (cf. la difficile renégociation des tarifs dans la viande et la volaille), les industriels ne seraient pas loin de juger la chose raisonnable, ne serait-ce que pour sauvegarder leur activité, parfois en péril, et mettre le consommateur-citoyen face à ses responsabilités s’il veut conserver des entreprises et des filières agroalimentaires « près de chez lui ». Carrefour et d’autres sont en train de lui promettre plus de produits français dans les magasins qu’il fréquente, n’est-ce pas avec l’intention de les acheter au juste prix ?

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