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Syndicat/Ania Inquiétude de l’Ania sur l’évolution des IAA en 2013

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Jean-René Buisson, qui a annoncé son prochain départ de la présidence de l’Ania, a présenté un bilan en demi-teinte de l’année 2012 pour les industries agroalimentaires. Si elles semblent résister un peu mieux, de nombreux signaux sont au rouge et les évolutions récentes traduisent un véritable décrochage.

Près de 4 000 emplois détruits en 2012 et 5 000 emplois menacés en 2013. C’est la tendance présentée par l’Ania lors de son bilan annuel le 16 avril. Si ces chiffres ne sont que des estimations (et si l’on ne sait pas très bien s’ils comptabilisent des annonces ou des suppressions effectives), le lobby des industries agroalimentaires veut faire passer le message que le secteur souffre, même s’il résiste plutôt mieux à la crise que les autres industries manufacturières.

Recul dramatique de la marge brute

Parmi les signaux au rouge, l’un des plus inquiétants concerne le taux de marge brute. Il a atteint un niveau historiquement bas de 22,4 % après un véritable décrochage en 2009. Résultat, la situation se rapproche désormais de celle des autres industries manufacturières. « Les entreprises prennent sur leurs marges pour financer la croissance de la distribution. L’évolution de ces dernières années est dramatique. C’est l’un des points qui nous inquiète le plus avec la baisse de la consommation », a déclaré Jean-René Buisson, qui passera bientôt la main pour la présidence de l’Ania. Depuis mi 2012 en effet, la consommation a décroché. Pour les IAA, les volumes sont restés atones l’an passé (+ 0,3 %), et la tendance ne s’améliore pas sur 2013. De quoi nuancer la progression de 2,3 % du chiffre d’affaires du secteur en 2012, à 160,9 Mds EUR. Avec 495 000 salariés, les effectifs du secteur ont baissé de 3 900 personnes. Les défaillances (297), ont été sensiblement plus nombreuses qu’en 2011 (247).
Pour 2013, l’Ania anticipe une poursuite de la destruction d’emploi, avec 5 000 postes en moins au premier semestre, un recul de 1 % de la production industrielle et une quasi stagnation (+ 0,5 %) du chiffre d’affaires.

Un déficit commercial qui se creuse dans certains secteurs

Même l’augmentation du solde commercial, passé d’un excédent de 8,1 Mds EUR en 2011 à 9,2 Mds EUR en 2012 ne traduit pas que des bonnes nouvelles (cf tableau). Dans la viande, le déficit commercial s’est creusé, passant de 339 à 724 M EUR), ainsi que dans les fruits et légumes (dégradation de 200 M EUR à 2,3 Mds EUR) et dans les huiles et graisses (dégradation de 400 M EUR à 2,3 Mds EUR).
Pour assurer la pérennité des IAA, les revendications de l’Ania sont connues : application de la LME avec respect des conditions générales de vente et établissement d’un véritable plan d’affaires. Et sur ce point, c’est tout l’amont qui fait front commun (voir Front uni contre la grande distribution et pour une juste lecture de la LME). « Beaucoup de nos entreprises travaillent avec une marge proche de zéro, voire négative. Cela pose un vrai problème de trésorerie aux PME. Nous attendons beaucoup de la loi Hamon », plaide Jean-René Buisson.

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