Scène vécue à la sortie d’un hypermarché : deux petites filles se saisissent d’un pot d’une célèbre pâte à tartiner chocolatée et ses bâtonnets à tremper dedans, offerts à portée de regard et de main dans le goulot d’étranglement des caisses. Les gamines « prescripteuses » ne prêtent pas gare au refus maternel d’acheter les fameuses gourmandises. A tort. Cris, pleurs, trépignements ne viendront pas à bout de l’entêtement parental. L’intention de l’auteur du récent amendement concernant les messages d’information nutritionnelle est louable. Il s’agit rien moins que d’imposer un coup d’arrêt à la progression de l’obésité, en imposant aux annonceurs de diffuser des avertissements sur la même chaîne de télévision et dans les mêmes conditions horaires que leurs publicités, dès lors que leurs produits peuvent nuire aux enfants qui les consomment en excès. Cette mesure est « inefficace et inapplicable », juge l’Ania, faisant valoir qu’il est impossible de trier les aliments sur le critère de leurs profils nutritionnels. Et de rappeler que, pour sa part, elle a proposé de financer des programmes courts à la télévision, destinés à informer les enfants sur l’équilibre alimentaire. Là aussi l’intention est louable, mais n’est-ce pas oublier un peu vite la propension du jeune public à zapper ce qui l’ennuie, et à plus forte raison les messages didactiques des adultes. L’industrie alimentaire est consciente de ce problème de santé publique que pose l’obésité et assume sa part de responsabilité, assure-t-on. Et les parents dans tout cela ?