La Chambre des députés italienne a adopté le 18 octobre, par 346 voix et 25 abstentions, une loi prévoyant prison ferme, amendes et confiscations de biens pour les employeurs et intermédiaires exploitant quelque 430 000 travailleurs agricoles à travers le pays, selon les chiffres publiés en mai par le syndicat CGIL (1). Si une partie de ces exploités sont italiens, les « capolari » (intermédiaires) peuvent à présent compter sur une main-d’œuvre particulièrement vulnérable : les dizaines de milliers de migrants arrivés depuis 2013 en Italie et en situation irrégulière parce qu’ils n’ont pas déposé de demande d’asile ou qu’elle a été rejetée.
Le texte, qui avait été approuvé en août par le Sénat, prévoit jusqu’à six ans de prison ainsi que 1 000 € d’amende par personne exploitée pour les employeurs comme les intermédiaires, ainsi que la confiscation de leurs biens, une mesure qui a déjà fait ses preuves dans la lutte contre les organisations mafieuses.
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« Maintenant, nous aurons plus d’instruments utiles pour continuer une bataille qui doit être quotidienne, parce qu’on ne négocie pas quand il y va de la dignité des personnes », a déclaré le ministre de l’agriculture, Maurizio Martina.
(1) Voir n° 3547 du 23/05/16