Le nom de Jean Caby, voisin de Gad à Lampaul, revient avec insistance dans les discussions sur l’avenir de la filière porcine de la Cecab. Une information que personne ne souhaite toutefois commenter (ni démentir). Une chose est sûre, les collectivités locales ne veulent pas laisser filer l’abattoir et les 850 emplois qui vont avec. Et les fournisseurs de Gad, Prestor en tête, sont attachés à l’abattoir de Lampaul. Or on voit mal ces collectivités monter un projet de reprise sans une assise industrielle.
Si la filière porcine française pense tout bas sans le dire trop haut qu’il y a en France un abattoir de trop compte tenu de la baisse de la production (de 25 M de porcs, on est passé à 24 M, avec un déclin qui s’accentue), l’actionnaire majoritaire est un nouveau venu dans le paysage. Campofrio Food Group a en effet cédé 51 % des parts du spécialiste du jambon blanc et de la saucisse cocktail à Foxlease Food en 2012 (Campofrio a pour l’instant gardé les 49 % restants). Cet investisseur américain représenté par Eric Steiner est depuis resté très discret sur ses projets pour son acquisition. Mais les quelques 370 salariés nordistes du groupe s’inquiètent pour la pérennité de leur activité, dénonçant des transferts continus de volume vers Landivisiau depuis plusieurs années. Pour les acteurs locaux interrogés par notre confrère Les Marchés, le véritable enjeu autour du site de St André (59) concerne la vente des 33 000 m2 de terrains constructibles à deux pas du centre de Lille. Une opération qui dégagerait bien entendu des moyens financiers très conséquents pour le voisin de Gad Lampaul, tout cela au cœur d’un bassin de 2 M de porcs charcutiers. (Jean Caby compte un troisième site à Quimper).
Cebab, actionnaire majoritaire (aux cotés de Prestor, 65 %), a pour sa part élaboré un plan de continuation qui prévoit la fermeture de Gad Lampaul. Dans le Finistère, on s’insurge, arguant du fait que le site était rentable du temps de la famille Gad (sortie du capital il y a deux ans) et on estime que la fermeture de Lampaul est le premier pas d’un désengagement total de Cecab de la filière porcine. Dans le Morbihan, à Josselin, l’abattoir historique de Cecab, on veut croire que le plan de continuation est sérieux mais on plaide surtout pour une réflexion à l’échelle de la filière.
Selon nos informations, le plan de continuation prévoit un investissement de 4 M EUR pour doter Josselin de savoir-faire disponibles seulement à Lampaul actuellement. Mettre le site de Lampaul au même niveau que le site de Josselin ainsi équipé impliquerait d’investir 18 M EUR, avec un résultat d’exploitation qui resterait inférieur à celui du site morbihannais. Cecab envisagerait toutefois bel et bien d’investir une enveloppe de 18 M EUR à Josselin, notamment dans l’automatisation, à condition de vendre Clavière viande et Aubret.
Olivier Le Bras (FO), secrétaire du CCE, dénonce une fuite en avant et le transfert, de longue date, de volumes de Lampaul vers Josselin. Pour lui, Lampaul est un site compétitif, qui a été sacrifié. A Josselin, Patrick Piguel (CFDT), rappelle que la pérennité du site est conditionnée à la sécurisation des approvisionnements ainsi qu’à des investissements massifs rapides, et que la seule fermeture de Lampaul ne suffira pas à garantir l’avenir de Josselin.
Pour l’heure, aucun représentant des salariés n’a attiré l’attention de la presse sur les liquidités qui devraient être prochainement dégagées par la vente des activités légumes surgelés à Pinguin, annoncée en juin (et qui devrait être finalisée fin août).
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