Abonné

Conserverie bio Karine & Jeff à la conquête de l’Ouest

- - 4 min

Le Bonheur est dans le pot laisse la place à une nouvelle marque, Karine & Jeff, plus adaptée au développement outre-Atlantique. Ces spécialistes de légumes cuisinés et des soupes biologiques ouvrent un bureau commercial à Los Angeles en mars et visent 1,5 million d’euros de ventes sur ce marché en 2018.

Cap sur les États-Unis pour Karine Tardon et Jean-François Marie, ce couple de voyageurs gastronomes qui a créé le Bonheur est dans le pot en 2000, à Revel (Haute-Garonne), installés aujourd’hui à Toulouse. « Nous revenions de plusieurs années de tour du monde avec nos quatre enfants, un moment exceptionnel qui nous a permis de découvrir et d’apprendre de nombreuses recettes de cuisine », raconte Karine Tardon, la gérante du Bonheur est dans le pot. La marque passe désormais au second plan pour laisser la place à Karine & Jeff. L’ancienne marque était « un peu galvaudée » avec les années, mais surtout difficile à comprendre pour un public anglo-saxon.

Car c’est le nouveau défi que se lancent ces spécialistes des préparations culinaires appertisées à partir de légumes bio : s’implanter sur le marché américain. « Nous avons passé plusieurs mois en 2015 pour bien comprendre le marché des produits biologiques là-bas, très différent de la France », raconte la dirigeante. Outre-Atlantique, pas de réseau national de magasins spécialisés en produits biologiques, à l’exception de Whole Foods Market, mais des petites chaînes comptant plusieurs magasins dans chaque État. « Nous visons ces magasins pour nos produits », poursuit Karine Tardon. Dans les prochains mois, Karine & Jeff ouvriront une plate-forme logistique à Atlanta et un bureau commercial à Los Angeles. « Les Américains aiment particulièrement nos recettes originales, le design élégant et la présentation en pots en verre qui laisse voir le produit », explique Karine Tardon. L’intérêt du marché américain réside dans son potentiel très important pour des produits premium et bio, source d’une valorisation plus importante qu’en France. « Le même produit se vend 5 euros en France et 10 $ aux États-Unis », selon la dirigeante. La marque a déjà réalisé 250 000 euros de ventes aux États-Unis en six mois, en proposant une sélection de 30 produits (sur 120 références du catalogue), et vise 1,5 million d’euros en 2018. Une fois ce seuil atteint, la question de fabriquer sur place se posera, sachant que les ingrédients se trouvent sur place, « peut-être en créant une co-entreprise ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Haute-Garonne
Suivi
Suivre

Passés par des hauts et des bas depuis le lancement en 2000, surtout les premières années, Karine Tardon et Jean-François Marie bénéficient de facteurs favorables avec l’essor des produits biologique, le souci de consommer des légumes et la montée en gamme des produits d’épicerie. L’entreprise, dont ils sont les seuls actionnaires, a réalisé un chiffre d’affaires de 2,7 millions d’euros, dont 7 % à l’étranger, en hausse de 30 %. La totalité de la production, soit 1,3 million de pots, est sortie de l’atelier toulousain. En 2011, 1,2 million d’euros a été investi dans l’outil de production, et 2 millions d’euros sont prévus cette année pour doubler la surface de l’usine. Pour financer son développement international, la PME s’est tournée vers BPI (prêt export) et la Coface. Elle compte encore développer ses ventes en France (toujours dans le circuit des magasins biologiques et des épiceries fines) et à l’étranger à un rythme de +30 % par an à l’horizon 2020, année qui, si tout se passe bien, pourrait être celle de l’ouverture du capital de la société.