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Kermap, le breton qui surveille la Ferme France

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Née en 2017, la start-up bretonne Kermap s’est d’abord développée comme une société de service à destination des villes à qui elle fournissait - sur demande - des cartes de couverture végétale de leur territoire pour leur permettre de repérer et lutter contre les ilots de chaleur. « Cette activité nous a permis de recruter et de financer de la recherche et développement pour des produits, notamment en agriculture », retrace l’un des co-fondateurs, Nicolas Beaugendre (à droite ci-dessous, aux côtés d'un des deux autres cofondateurs Antoine Lefebvre). 

Grâce à ces travaux, Kermap fournit depuis un an des services de suivi de paramètres physiques des champs par l’intermédiaire, le plus souvent, d’imagerie satellites. Une activité occupée par des acteurs historiques, comme Geosys (groupe URtheCast), Airbus DS, ou des challengers comme Spacesense. Ce sont d'ailleurs Kermap et Geosys, qui ont récemment remporté un appel d’offres du ministère de l’Agriculture pour la fourniture d’images de suivi des prairies françaises, chacun pour un type d’imagerie différent. 

Kermap a également beaucoup investi la question de la conservation des sols avec la fondation Eathworm qui accompagne de grands groupes (Nestlé, Ferrero…) dans la conversion d’exploitations vers une « agriculture régénérative ». 

La start-up bretonne a ainsi développé avec Earthworm des indicateurs satellites à même de piloter le stockage du carbone ou la biodiversité. « Cette collaboration a pour objectif de fournir à tous les acteurs agricoles qui le souhaitent des indicateurs validés scientifiquement », explique Nicolas Beaugendre.

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À l’instar de ses concurrents, Kermap ne souhaite pas construire seul du conseil aux agriculteurs : « Nous sommes dans la co-construction d’outils à destination des fournisseurs de conseil. Nous simplifions l’acquisition des données, et l’automatisation de leur traitement », explique Nicolas Beaugendre. Elle travaille par exemple avec des start-up fournisseurs de logiciels à destination des agriculteurs, comme MyEasyFarm ou FarmLeap.

Kermap développe ainsi un business model hybride, combinant accompagnement d’entreprises, réponses à appel d'offres et vente par abonnement à un flux de fourniture d’information. Pour ce faire, Kermap continue de vouloir diversifier ses clients, notamment vers l’assurance, pour étendre ses expertises. C'est notamment à cette fin qu'elle a récemment publié gratuitement une carte à la parcelle des cultures majoritaires en 2020 pour 11 pays d'Europe.