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Multispécialiste/Acquisition Kraft, Hershey, Ferrero, Nestlé : Cadbury attise les convoitises

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Plus les semaines passent, plus les candidats au rachat du confiseur britannique sont nombreux. Après le refus par Cadbury de l’offre de Kraft s’élevant à 16,5 milliards de dollars (1), Hershey et Ferrero se sont déclarés sur les rangs. Le numéro 1 mondial de l’agroalimentaire Nestlé n’a quant à lui encore rien confirmé, mais de nombreuses sources affirment qu’il pourrait également proposer une offre.

Le chocolatier américain Hershey devrait lancer une OPA d’au moins 17 milliards de dollars (11,4 milliards d’euros) sur le confiseur britannique Cadbury (8 milliards de dollars de chiffre d’affaires) dans les prochains jours. Il concurrencerait ainsi l’offre de Kraft Foods qui s’élevait seulement à 16,5 milliards de dollars et avait été immédiatement rejetée par Cadbury. D’après des sources proches du dossier, Hershey détient les financements nécessaires à l’opération, grâce à l’apport des fonds Bank of America et JP Morgan Chase, mais étudie tout de même en parallèle l’idée de faire une OPA avec le groupe italien Ferrero, également intéressé par le propriétaire des marques Carambar, Kréma et La Pie qui chante.
La direction de Ferrero (Kinder, Nutella, Tic-Tac) a confirmé son intérêt pour le dossier, affirmant notamment être « en phase préliminaire d’évaluation de Cadbury », tout en précisant qu’« il n’y a aucune certitude qu’une offre sera présentée ». Cela permettrait à Ferrero d’être enfin présent sur le marché britannique et de rompre avec les habitudes du fondateur Michele Ferrero qui, contrairement à ses deux fils, n’a jamais souhaité réaliser de croissance externe.

Décision définitive de Kraft Foods en février 2010
D’après le Wall Street Journal, la volonté de Hershey d’acquérir Cadbury vient surtout de l’organisme caritatif qui le contrôle et qui pourrait également pousser Hershey à se séparer d’actifs à hauteur d’1 milliard d’euros. Quoiqu’il en soit, Hershey a confirmé son intérêt pour Kraft, mais toutes les rumeurs précisant son offre n’ont pour le moment pas été confirmées par sa direction. Le suspens risque donc de continuer longtemps, d’autant plus que Kraft va sans doute relever son offre et que sa décision définitive ne sera a priori pas prise avant février 2010.

Hershey plutôt que Kraft
La direction de Cadbury semble pour le moment plus intéressée par une possible offre de Hershey plutôt que par celle de Kraft. Roger Carr, le président du spécialiste de la confiserie, a en effet affirmé au Sunday Telegraph qu’aucun des deux groupes n’aurait les capacités suffisantes pour proposer une offre « généreuse » sur Cadbury, mais que si c’était le cas il privilégierait une fusion avec Hershey. « Clairement, si certaines offres sont plus conformes que d’autres à notre modèle d’entreprise, c’est davantage la valeur de l’offre que sa provenance qui nous intéresse », a-t-il notamment affirmé au Sunday Telegraph. Bref, il veut faire monter les enchères au maximum.
En parallèle à ces négociations, le groupe américain Kraft Foods a déposé une requête auprès du service anti-monopole russe pour racheter Dirol Cadbury, la branche russe du groupe, l’un des leaders de la confiserie en Russie.

Nestlé également sur les rangs
Par ailleurs, selon certaines sources, notamment l’agence Bloomberg, Cadbury nourrirait également les appétits du géant alimentaire Nestlé, qui aurait largement les moyens de financer une telle acquisition. Pour l’instant, la direction du groupe suisse n’a pas fait de commentaires sur le sujet. Selon la banque cantonale de Zurich, il est plausible que Nestlé rachète des parties de Cadbury mais en aucun cas la totalité, « qui ne rentre pas vraiment dans sa stratégie ». Nestlé ne semblait au départ pas intéressé par Cadbury, mais la perspective de voir de nouveaux géants se constituer ainsi et être en capacité de lui ravir des parts de marché pourrait pousser le groupe suisse à faire une contre-offre. Problème : si Nestlé rachetait Cadbury, le groupe ainsi formé détiendrait quasiment la moitié du marché britannique du chocolat, ce qui déclencherait sans doute les foudres des autorités de la concurrence.

(1) Cf Agra alimentation n°2084 du 12 novembre 2009 p 33