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Aviculture La dinde en quête de solutions techniques pour produire plus

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L’interprofession de la dinde cherche et propose des solutions techniques pour produire plus de dindes à des coûts plus raisonnables. La production française doit être relancée de manière compétitive.

Pour redonner à la filière dinde française la capacité à produire davantage dans un contexte de marché plus favorable qu'il n'a jamais été depuis plusieurs années, le Centre interprofessionnel de la dinde française (Cidef) cherche à valider une nouvelle méthode de production. Elle consiste à ajouter un bâtiment neuf et répondant aux normes les plus récentes en matière d'isolation, de récupération de chaleur, etc., aux côtés des deux ateliers qui composent une exploitation moyenne. Car en l'état actuel du marché, il n'est pas possible d'amortir la construction neuve de deux bâtiments. L'idée, c'est donc de produire plus dans les exploitations existantes (3000 en France dont 60 % en Bretagne), mais à condition d'investir.

Les mâles d’un côté, les femelles de l’autre

En théorie, cette combinaison de trois bâtiments donne la possibilité au producteur de ne laisser que des dindes femelles dans le bâtiment neuf et de mixer les sexes dans les deux autres. Leur abattage intervenant plus tôt que celui des mâles, l'éleveur peut le recharger plus vite, même si les lots ne sont pas encore terminés dans les autres bâtiments. Avantage ? Des gains de productivité qui lui permettent, en théorie, de produire par an non plus 2,5 mais 3,2 lots – 220 kilos de poids vif au m2 contre 180 actuellement. Les Allemands travaillent déjà de la sorte. Ce bâtiment neuf totalement équipé a évidemment un coût : 250 €/m2 pour une surface couverte de 2 000 m2. La filière peut-elle en faire l'économie ? Non. En dix ans, la production de dinde a été divisée en France par deux sous le coup de l'ouverture des frontières européennes aux viandes brésiliennes, du démarrage d'une production domestique chez ses principaux clients européens (Grande-Bretagne, Allemagne notamment), de l'épizootie de l'influenza aviaire. Le tiers des exploitations a disparu.

Un tiers des éleveurs a plus de 55 ans

Un tiers des éleveurs a 55 ans et leurs bâtiments affichent près de 25 ans d'âge moyen. L'industrie, elle, a procédé à la fermeture de plusieurs usines pendant ces dix dernières années. La production ayant baissé encore plus vite, elle manque de matière alors que depuis un an la consommation repart. « Si les intégrateurs veulent encore de la viande de dinde demain, c'est maintenant qu'ils doivent songer à revaloriser nos contrats. Les prochaines années vont être décisives », souligne Jean-Michel Choquet, président du Cravi Bretagne, Comité régional avicole qui regroupe groupements, syndicalisme et chambres d'agriculture.

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