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Conjoncture La filière dindes retrouve une légère dynamique

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La consommation française de dindes, évaluée par bilan, s'est redressée de 2,6% sur le premier trimestre, selon le service de statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste). En réaction, les mises en place de dindonneaux ont augmenté de 5% sur les cinq premiers mois. Elles restent néanmoins inférieures de 12% à celles de 2012.

LA filière dinde pourrait céder à la morosité en observant la récente évolution des achats des ménages français, une nouvelle fois à la baisse (-3,2%) sur les cinq premiers mois de l'année, selon les derniers résultats du Kantar-France AgriMer Worldpanel publiés le 12 juin. Mais en y regardant à deux fois, ce marché est plutôt dynamique depuis le début de l'année. Le niveau de consommation globale mesuré par bilan (production + imports – exports – variation de stocks) est dynamique sur le premier trimestre, avec une hausse de 2,6%, selon la Note de conjoncture volailles du service de statistiques du ministère de l'Agriculture, publiée le 7 juillet. « Cela veut dire que la restauration ou l'industrie ont été plus demandeurs sur les premiers mois de l'année », estime Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef, l'interprofession de la dinde.

Les industriels ont moins exporté

Ainsi, la dinde connaît un léger rebond de la demande depuis le début de l'année. Pour preuve, les mises en places de dindonneaux ont suivi cette tendance, et augmenté de 4% sur les cinq premiers mois. Pour répondre à cette demande intérieure en hausse, les exportations, notamment sur certains marchés de gros européens, ont ralenti. Au mois de mars, les exportations françaises de dindes avaient chuté de 20,3% par rapport à l'année précédente. Les enlèvements ont été anticipés, diminuant le poids moyen à l'abattage sur la période. Globalement, les abattages ont légèrement baissé en têtes (-0,4%) et encore plus en tonnes (-6%), sur les cinq premiers mois de l'année.

« Pas de crainte pour la deuxième partie de l'année »

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Depuis la période critique du début 2013, la situation des abatteurs s'est améliorée. De 5,20 euros le kilo début 2013, le prix du filet de dinde sous vide se maintient à 5,50 euros depuis le début de l'année. L'effet ciseau prix/aliment s'est desserré dans le courant de l'année 2013, pour rester depuis sur cette base. « Nous n'avons pas de crainte pour la deuxième partie de l'année », assure Gilles Le Pottier. Début 2013, les abattoirs européens n'arrivaient pas à répercuter les coûts de production sur un marché engorgé. Ils ont largement diminué l'offre fin 2013 pour retrouver des niveaux de rentabilité plus élevés.

De nouvelles pratiques d'élevage

Parallèlement, le nombre de producteurs baisse, avec une tendance à l'agrandissement des ateliers du fait de regroupements d'exploitations. Depuis 2008, l'effort de rénovation du parc de bâtiments s'est accéléré, amenant les éleveurs à expérimenter de nouvelles pratiques, comme la création de bâtiments spécialisés, pour le démarrage des dindonneaux et pour l'engraissement des mâles. Les charges variables sont ainsi diminuées sans pénaliser les performances techniques.