Dans un communiqué commun diffusé le 23 avril, les principales organisations viticoles françaises, soutenues par la FNSEA et les JA, s'émeuvent de ce que « l’Union Européenne abandonne la filière vitivinicole ». « Face à la crise sans précédent que subit la filière vitivinicole, l’annonce de la Commission porte sur l’introduction de nouvelles mesures, notamment des mesures de gestion de crise, dans le programme national d’aide 2020 ». La Commission « demande donc à la filière vitivinicole de financer la gestion de la crise sur ses propres crédits ». Les organisations signataires estiment « nécessaire » de faire jouer une solidarité européenne pour la viticulture « sans laquelle de nombreuses zones rurales européennes seraient à l’abandon ». Elles considèrent « inacceptable qu’aucun crédit supplémentaire ne vienne soutenir le secteur ». Les organisations viticoles ainsi rassemblées dans la déploration sont la Cnaoc (les AOC), VinIGP (les IGP), les Vignerons indépendants et les Vignerons coopérateurs.
Quelques jours avant l'annonce de Bruxelles, le négoce du vin avait plaidé pour des mesures privilégiant la relance du marché, considèrant que la distillation de crise est un dernier recours. « Nous estimons qu’il est préférable de jouer sur le rebond du marché plutôt que de gérer un problème de surproduction », a déclaré Michel Chapoutier, président de l’UMVin, l’Union des maisons de vin, dans un échange avec Agra Presse le 20 avril. Dans cette perspective, l’UMVin va pousser une proposition d’abaisser la TVA des CHR (cafés-hôtels-restaurants) à 10 % sur les boissons alcoolisées jusqu’à la fin de l’année, au lieu de 20 % en temps normal.
La distillation de crise, s’il faut en passer par là, doit commencer par les vins les plus bas de gamme, selon Michel Chapoutier. « Si jamais on s’acheminait vers la distillation, il y a consensus avec les producteurs pour qu’elle ne soit envisagée qu’à condition ne pas entamer d’un centime le plan national d’aides ». Ce dernier est conçu pour soutenir les actions commerciales de la filière, a-t-il rappelé, ajoutant que « le dossier de la taxe US n’est toujours réglé » et que « l’on aimerait qu’il ne passe pas à la trappe ».
« Gardons nos munitions, nous en aurons besoin en 2021, 2022 et 2023 »