Les banques créancières et l’État mobilisent près de 70 millions d’euros au profit d’une fiducie chargée d’assurer le fonctionnement de la Financière Turenne Lafayette (FTL), maison mère de Willian Saurin et Madrange. Un audit, terminé au premier trimestre, permettra d’avoir une vision précise des finances de FTL.
Après le décès fin novembre de Monique Piffaut, la dirigeante de Financière Turenne Lafayette (FTL) et la révélation d’une présentation frauduleuse des comptes depuis plusieurs années, l’inquiétude était à son comble chez les quelque 3 200 salariés du groupe (William Saurin, Madrange, Garbit, etc.), mais aussi chez les fournisseurs et les créanciers de l’entreprise. Toutefois, les différentes parties prenantes ont été rassurées, juste avant Noël, avec la prise en main de la situation par l’État et la nouvelle direction. Le 16 décembre, l’État annonçait que 70 millions d’euros allaient être mis à disposition de FTL sur une fiducie, qui pourront être prêtés à l’entreprise en fonction de ses besoins. Et le 21 décembre, le secrétaire d’État chargé de l’Industrie Christophe Sirugue annonçait qu’un accord entre 17 banques, toutes celles qui travaillaient avec FTL, et l’État permettait de mobiliser 56 millions d’euros des premières et 10 à 12 millions d’euros du second, ce total se substituant aux 70 millions annoncés le 16 décembre.
Le risque de cessation d’activité est écarté pour les prochains mois, les salaires seront payés, a assuré Christophe Sirugue lors d’un déplacement à l’usine William Saurin de Lagny sur Marne (Seine et Marne) le 21 décembre. Même s’il « reste quelques acteurs qui mettent du temps à revenir », selon Eric Le Gouvello, le nouveau président de FTL, les choses ont commencé à s’améliorer dès les annonces de fin décembre. Cooperl et Bigard font partie des fournisseurs des entreprises du groupe FTL.
« Nous ne pouvons que nous réjouir en ce moment de l’accord qui a été trouvé entre le gouvernement, les banques et le groupe. Pour nous, c’est un geste fort du gouvernement et nous allons insister pour que cet accompagnement perdure », a déclaré Stéphane Huet, délégué syndical central CFDT. Rassuré, Yannick Boileau, délégué syndical central CGT chez William Saurin, a cependant expliqué qu’il ne l’est qu’« à très court terme, pour 2017 ».
Car cette bonne nouvelle ne l’est qu’en apparence. La fiducie permettra de patienter avant qu’un, ou plusieurs, repreneurs ne soient trouvés. Pour l’instant, la situation du groupe n’est pas clarifiée. Un comité interministériel a pris la décision de commanditer un audit sur le groupe, avant même l’arrivée d’Eric Le Gouvello à la tête de FTL. C’est cet audit qui a révélé que les comptes du groupe avaient été truqués du temps de Monique Piffaut. Il faudra attendre le printemps pour savoir quelle solution pourrait être envisagée pour sauver le groupe, comme un adossement « total ou partiel » à un autre groupe selon Eric Le Gouvello.