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Marché du porc breton La hausse des prix compensée par celle des charges

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Les années passent et le secteur porcin est toujours en difficulté, a-t-on pu constater, jeudi 11 mai, lors de l'assemblée générale du Marché du Porc Breton (MPB) à Plérin (Côtes d'Armor). La hausse des charges compense largement celle des prix de marché du porc.

L'année 2010 s'est conclue sur un petit 1,145 € de prix de base au MPB, confortant la moyenne de ces quinze dernières années (1,188 €). Pourtant, l'embellie des cours du porc en vif enregistrée sur les quatre premiers mois de l'année 2011 sur le Marché du Porc breton (MPB à Plérin dans les Côtes d'Armor) est évidente. 2011 démarre sur un train de hausses continues. Le cours du porc négocié au MPB a même affiché un cours record de 1,437 €, le 5 mai, ce qui ne s’était plus vu depuis dix ans. De janvier à avril, le prix de base moyen s’affiche à 1,28 €, auquel il faut rajouter 14 centimes de prime qualité. A première vue, les producteurs ont de quoi être satisfaits. Le prix de base est supérieur de 18,37 % à la même période 2010, et même de 28,3 % en comparant les mois d’avril 2011 et 2010. Mais sur la planète porcine, un grain de sable grippe facilement l’analyse.
Les producteurs ont mieux gagné leur vie au début 2010 avec un prix de base à 1,078 € qu’au début 2011 avec un prix de base à 1,28 €. La raison ? les charges dont la forte augmentation du prix de l’aliment, qui représente entre 55 et 60 % du coût de revient d’un porc. Ainsi, pendant que le cours moyen gagnait 20 cents sur les quatre premiers mois de 2011, le coût de revient en prenait 30. La filière porcine ne parvient toujours pas à se sortir de ce sentiment de crise permanente. « 2007 et 2008 ont été des années de pertes, 2009 et la moitié de 2010 une période d’équilibre avant que les cours finissent par plonger en fin d’année dernière », explique Jean-Pierre Joly, directeur du MPB qui tenait son assemblée générale, jeudi 12 mai.
En somme, les deux dernières années ont tout juste permis d’équilibrer les comptes, mais de façon insuffisante pour résorber les importantes pertes des deux années précédentes.

Guerre des bassins
Pour mieux comprendre la situation du secteur porcin français, il faut embrasser l’ensemble du bassin européen, seconde zone de production mondiale avec 254,8 millions de têtes (+ 0,7 %), loin derrière la Chine (660 millions). Et qu’y voit-on ? "une intense guerre de bassins", note Jean-Pierre Joly. Une féroce concurrence qui a vu, l’an passé, l’Allemagne conforter son leadership avec plus de 46 millions de porcs produits (58,3 millions abattus), l’Espagne marquer le pas à 40 millions de porcs, le Danemark retrouver des couleurs (un peu plus de 27 millions de têtes)... La France, elle, a perdu 1,8 % de production à 25,2 millions de têtes. Baisse après baisse, le pavillon français a abandonné 13 % de production entre 2004 et 2009 pendant que l’Allemagne progressait de 22 %. Un véritable transfert de production.

Pour un prix de base de 1,50 euro
Pour vivre de leur métier demain, les producteurs français ont besoin que le prix de base moyen de 1,20 €... depuis quinze ans, soit relevé durablement à 1,50 € « si les céréales restent au niveau de prix actuel », souligne le MPB dans son rapport d’activité. Ce qui n’a rien d’insurmontable puisque ce prix (10 francs) était « le cours commun » du MPB, entre 1985 et 1995. Mais pour y arriver, c’est « le comportement de la distribution en matière de marge (qui) va devoir changer ». Le MPB remarque que l’apposition du logo VPF sur la plupart des barquettes de viande et de salaisons a sans conteste soutenu la production hexagonale. Le rapport remarque aussi que l’Europe bénéficie de protections à ses frontières qui limitent l’entrée des offres mondiales sur son marché. A moyen et long terme, le MPB estime que l’Europe possède les armes pour satisfaire la croissance du marché mondial de la viande, estimée à 40 % sur les vingt prochaines années. Mais tout le monde n’en profitera pas de la même manière s’il n’est pas restructuré pour rester compétitif.

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