Le président George W. Bush avait annoncé le 18 juin avoir opposé pour la deuxième fois en moins d’un mois son veto à un texte de loi engageant environ 290 milliards de dollars pour des programmes alimentaires et des subventions à l’agriculture. Ce deuxième veto a été annihilé par le Congrès, comme le premier l’avait été le 21 mai. Car c’était peu ou prou le même texte que le Congrès avait soumis à la signature de M. Bush. Or, après le premier veto, le Congrès avait réussi à réunir plus de deux tiers des voix nécessaires pour passer outre et faire en sorte que le texte devienne loi sans la signature du chef de l’exécutif. Le Congrès s’était rendu compte que, dans le premier texte présenté à M. Bush, manquaient 34 pages consacrées à l’aide alimentaire à l’étranger. Pour éviter toute contestation, il avait décidé de soumettre à nouveau le texte dans son intégralité au président, plutôt que la seule section rétablie.
Dans un message adressé à la Chambre des représentants, M. Bush disait rejeter, « pour les mêmes raisons » que le 21 mai, un texte « toujours aussi inacceptable » auquel a seulement été ajoutée la section manquante selon lui.
M. Bush accusait à nouveau le Congrès de subventionner les riches exploitants agricoles, d’user d’artifices pour occulter des dépenses en augmentation et d’avoir glissé dans la loi des dispositions servant des intérêts particuliers mais sans rapport avec l’objet du texte. Il faisait valoir que ce dernier n’est pas cohérent avec l’objectif de marchés plus ouverts, objectif recherché par les Etats-Unis dans les négociations commerciales internationales.
Le président américain juge « irresponsable » d’augmenter la part des subventions gouvernementales pour certaines cultures à un moment où les denrées alimentaires atteignent des prix records. Environ deux tiers de la loi financent des programmes nationaux d’alimentation et des coupons alimentaires.