Elu le 28 mai dernier, le nouveau conseil d'administration de la caisse centrale de MSA (CCMSA) a planché, un mois durant, sur sa feuille de route pour le mandat de 5 ans qui démarre. Un projet, présenté le 26 juin, dans la lignée de celui entamé par les précédents élus : assurer des services de qualité aux ressortissants tout en faisant un maximum d'économies.
À l'occasion de sa première conférence de presse, le 26 juin, en tant que nouveau président de la CCMSA, Pascal Cormery, agriculteur tourangeau, accompagné de son premier vice-président, Thierry Manten, salarié du Crédit agricole, a présenté le projet fixé par son conseil d'administration pour les 5 ans à venir. Les ambitions dépendront, a-t-il indiqué, de la prochaine convention d'objectifs et de gestion (COG).
Pas de vacances en effet pour la CCMSA qui va devoir se préparer à des négociations « délicates », à partir du mois de septembre, avec ses ministères de tutelle (Agriculture, Santé et Finances) afin d'obtenir une COG satisfaisante. Michel Brault, directeur général de la CCMSA, s'attend à une nouvelle réduction budgétaire. Si la caisse défendra le maintien de l'intégralité de son personnel, la tutelle devrait, selon M. Brault, demander une suppression de 2 500 à 3 000 postes. « On devrait arriver à un accord à la fin du mois de décembre autour de 1 000 à 1 200 postes non remplacés » affirme-t-il.
La précédente COG, déjà, qui avait conclu à la suppression de 1 200 postes, avait finalement été revue à mi-parcours, fixant un nouvel objectif de 1 450 emplois non renouvelés. « Aujourd'hui, a indiqué Michel Brault, seuls 30% des départs à la retraites sont remplacés ».
Mutualisation d'activités
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La CCMSA reste optimiste. « Nous avons déjà su nous restructurer » se félicite M. Cormery qui envisage différentes solutions face à la réduction budgétaire. Parmi elles, la mutualisation de certaines « activités mineures », en « back office » telles que les services comptable ou juridique, pour les caisses voisines. La présidence reste cependant attachée à une exigence : préserver le réseau de proximité constitué par les 250 agences d'accueil et les 24 000 délégués répartis sur le territoire. La MSA voit même plus grand. « Comme toute entreprise, nous avons l'obligation de nous développer, affirme M. Cormery, même si nous avons une mission de service public ». La MSA se positionne clairement contre la fusion des régimes mais pour une coopération renforcée dans laquelle elle est candidate pour jouer le rôle d'interlocuteur de tous les ruraux, en s'appuyant sur son système de guichet unique.
Comme souhaité par le ministère de l'Agriculture, la revalorisation des petites retraites entrera au vigueur au 8 novembre 2015, a indiqué la CCMSA le 26 juin. Cette mesure permettra de revoir à la hausse les plus petites retraites, équivalentes à 50% du SMIC. Avant d'atteindre 75% du SMIC en 2017, les retraites seront revalorisées à 73% au 8 novembre 2015. Une mesure qui devrait bénéficier à 246 000 personnes.
En 2014, le montant total de la fraude détectée s'élève à 25,4 M€. Hausse de la fraude ou meilleur système de détection ? Quoi qu'il en soit, pour la CCMSA, la lutte contre la fraude est un levier important pour récupérer des financements. La fraude aux cotisations et au travail dissimulé s'élève à 15,9 M€, c'est 63% de la fraude totale détectée et 30% de plus que l'année précédente. Les redressements ont permis à la MSA de récupérer 23M€, soit 32% de plus qu'en 2013. Les fraudes aux prestations s'élèvent quant à elles à 9,5€.