Dans les pays pauvres, les systèmes de protection sociale, notamment les transferts en espèces, l’alimentation scolaire et les travaux publics, procurent un moyen économique d’offrir aux personnes vulnérables la possibilité de sortir de l’extrême pauvreté et de se libérer de la faim tout en améliorant la santé, l’éducation et les chances de réussite de leurs enfants, assure la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) dans son rapport annuel sur la situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture présenté le 13 octobre.
La part des personnes vivant en situation de pauvreté ou d’extrême pauvreté a diminué depuis une trentaine d’années, mais leur nombre reste élevé : la FAO considère qu’il y a un milliard de personnes pauvres et presque autant de personnes extrêmement pauvres. L’Afrique subsaharienne en particulier reste confrontée à une « pauvreté tenace ».
Les pauvres se trouvent piégés dans l’engrenage fatal de la faim, de l’alimentation pauvre au plan nutritionnel, de la maladie et de la faible productivité. Pour inverser ce cercle vicieux, la FAO recommande le recours à des mesures de protection sociale. Cette dernière permet aux ménages d’améliorer et de diversifier leur consommation alimentaire, souvent par une augmentation de leur propre production, souligne le rapport. Ces programmes ont également un impact positif sur la nutrition infantile et maternelle, ils réduisent le travail des enfants et améliorent la fréquentation scolaire, autant de facteurs propices à l’accroissement de la productivité. La protection sociale offre, enfin, l’avantage de « ne pas amoindrir l’effort de travail » des bénéficiaires parce qu’elle vise à « renforcer les moyens de subsistance et non à accentuer la dépendance ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Une approche intégrant la prestation d’une protection sociale et le développement agricole serait de nature à créer des synergies susceptibles d’améliorer l’efficacité dans ces deux domaines, conclut la FAO.
Journée mondiale de l’alimentation et « Charte de Milan »
La Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre, devait être célébrée lors d’une cérémonie officielle dans le cadre de l’Expo Milan 2016. Cette année, elle se déroulait sur le thème « Protection sociale et agriculture : briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale », qui est lié à celui retenu par l’Onu pour l’Exposition universelle, « Le défi faim zéro – unis pour un monde durable ». Une « Charte de Milan » devait être présentée au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, au cours de cette cérémonie, en présence, notamment, du directeur général de la FAO (Organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture), José Graziano da Silva, et du président italien Sergio Mattarella.