Alors que, quelques jours plus tôt, Moscou faisait part à l’UE de son souhait de boucler enfin, d’ici fin 2009, les négociations pour son adhésion à l’OMC, Vladimir Poutine vient de jeter un froid en annonçant l’intention de la Russie, du Bélarus et du Kazakhstan d’intégrer l’organisation mondiale en tant qu’union douanière.
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a annoncé le 9 juin que la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan allaient « informer l’OMC de l’intention de la (future) union douanière russo-kazakho-bélarusse de commencer des négociations sur l’adhésion à l’OMC en tant que territoire douanier uni ». Pourtant, a rappelé le lendemain le porte-parole de la Commission européenne pour les questions commerciales, Lutz Güllner, Moscou avait « confirmé », lors du récent Forum économique de Saint-Pétersbourg, « son objectif d’achever le processus d’adhésion à l’OMC d’ici la fin de l’année ». Et au sommet UE-Russie fin mai, a-t-il ajouté, « le président russe (Dmitri Medvedev) avait souligné à nouveau que l’adhésion à l’OMC était une priorité ».
L’UE est d’autant plus embarrassée par les dernières déclarations de M. Poutine qu’elle soutient cette adhésion. Elle en attend plus de prévisibilité de Moscou, qui l’a parfois surprise par des mesures qu’elle juge contraires aux règles de l’OMC, sans avoir d’autre recours que des négociations bilatérales. Certaines de ces mesures – comme les taxes russes à l’exportation sur le bois – sont d’ailleurs en partie à l’origine de l’enlisement du processus d’adhésion, qui a tourné au blocage avec le conflit russo-géorgien d’août 2008.
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Moscou et Washington tentent de régler leurs différends sanitaires
La Russie et les Etats-Unis se donnent pour objectif de se mettre d’accord sur les questions en suspens relatives à l’adhésion russe à l’OMC avant la rencontre entre M. Medvedev et le président Obama prévue pour le début du mois de juillet à Moscou, avait même affirmé le 5 juin le principal négociateur russe, Maxime Medvedkov. « On voudrait que les négociations sur les questions en suspens s’achèvent avant le sommet russo-américain. Du moins, sur la majorité écrasante de ces questions », avait-il indiqué devant la presse lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, selon l’agence Novosti.
Il reste à régler deux grands groupes de questions, avait précisé M. Medvedkov, la réglementation des entreprises de commerce publiques et les restrictions frappant les importations de viande de porc américaine suite au virus A/H1N1. La question de l’organisation d’inspections dans les entreprises avicoles américaines exportatrices de viande de poulet vers la Russie n’est pas non plus réglée, avait-il ajouté.