Moscou a décidé le 26 novembre de renforcer ses contrôles sur les produits agricoles et alimentaires importés de Turquie, citant des violations des normes sanitaires, deux jours après le crash d’un bombardier russe abattu par l’aviation turque. Le ministre russe de l’agriculture, Alexandre Tkatchev, a évoqué dans un communiqué des « violations répétées des normes russes par les producteurs turcs », qui pourraient concerner environ 15 % des produits agricoles importés du pays. Il cite la présence de « substances interdites et nuisibles » ainsi que des doses excessives de pesticides ou nitrates.
Le gouvernement a donc ordonné à l’agence chargée de la sécurité sanitaire Rosselkhoznadzor de renforcer ses contrôles sur les « produits agricoles et alimentaires » importés de Turquie et « d’organiser des vérifications supplémentaires à la frontière et sur les lieux de production en Turquie ».
Mesures sanitaires et positions géopolitiques
Depuis des années, la Russie est régulièrement accusée de prendre des décisions sanitaires en fonction de ses positions géopolitiques. Elle impose depuis l’été 2014 un embargo sur la plupart des produits alimentaires des pays occidentaux qui la sanctionnent pour son implication présumée dans la crise ukrainienne. Cette mesure risque d’être étendue au 1er janvier à l’Ukraine (1).
Alexandre Tkatchev avait assuré le 25 novembre que la Russie pourrait s’approvisionner ailleurs en cas d’embargo sur les produits turcs. « Nous remplacerons les importations de légumes, surtout des tomates, par d’autres pays : l’Iran, le Maroc, Israël, l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan », avait-il précisé.
Les exportations turques vers la Russie ont dépassé 3 milliards $ sur les trois premiers trimestres cette année, dont 280 millions $ pour les tomates.
(1) Voir n° 3521 du 23/11/15