La fin des quotas sucriers en 2017 représente une opportunité pour les producteurs, qui se pressent d'améliorer leur compétitivité et misent sur de nouveaux marchés, a souligné la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) en vue de son AG le 9 décembre.
« Cette suppression des quotas doit être vue comme une opportunité, a déclaré le président Eric Lainé le 4 décembre. La filière betterave a des atouts, avec une compétitivité agricole et industrielle qui ne cesse d'augmenter. Pour en profiter, il faut qu'on nous laisse faire notre métier, en arrêtant de surtransposer la réglementation européenne. »
La perspective d'une libéralisation du secteur impose de miser sur de nouveaux marchés. Au-delà du sucre, la CGB est attentive aux développements dans la chimie du végétal, l'alcool et en particulier le bioéthanol. Elle réclame, à propos des textes d'application de la loi de transition énergétique, une évolution de la fiscalité des essences visant à instaurer un écart de TICPE de 3 cents en faveur du SP95-E10 par rapport aux SP95 et 98. Un coup de pouce en faveur du superéthanol E85 est aussi demandé. Car l'objectif d'incorporation de 7 % ne devrait, une fois de plus, pas être atteint en 2014 (5,66 % l'an dernier).
Modernisation des réceptions
Depuis l'annonce de la fin des quotas, la filière betteravière s'efforce de réduire ses coûts de production, encore supérieurs d'environ 30 % à ceux du Brésil. « Nos coûts de production sont bien maîtrisés, a souligné le DG Alain Jeanroy. La betterave est une culture très suivie techniquement. »
Une nouveauté, le mode de réception des betteraves change en 2014 avec la forfaitisation de la tare collet. Cela vise à réduire les coûts, tout en maintenant une évaluation fiable des volumes livrés. Les autres dossiers à boucler concernent la réduction des pertes au lavage des échantillons et l'automatisation de la saccharimétrie. Deux sujets sur lesquels la CGB espère rapidement un accord avec les fabricants de sucre.
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La campagne « la plus longue jamais connue »
Un autre facteur de compétitivité se rapporte à l'allongement de la durée de campagne sucrière. Elle atteint cette année 116 jours, « la plus longue jamais connue ». En cause, l'augmentation des rendements, notamment grâce à la sélection variétale et celle des surfaces (+3 000 ha en 2014). « Après 2017, on vise une durée de fabrication des usines comprise entre 120 et 130 jours », a rappelé Alain Jeanroy.
La récolte de betteraves sucrières s'annonce bonne pour 2014-15 mais les prix sont à la baisse, en lien avec d'importants stocks européens. Elle devrait atteindre 37,6 Mt, contre 33 Mt l'an dernier, avec un rendement de 93 t/ha à 16°, troisième meilleur score de l'histoire. Les débouchés se répartissent principalement entre 20,4 Mt pour le sucre du quota, 8,5 Mt pour l'alcool et l'éthanol, 2 Mt pour l'export vers les pays tiers, 3,3 Mt pour l'industrie chimique.
En revanche, les recettes engrangées par les producteurs reculent « pour la troisième année consécutive », à cause de la baisse du prix du sucre dans l'Union européenne, où les stocks se sont accumulés. Au terme de la campagne, la France restera avec un stock de 1,5 Mt de betteraves non utilisées. Au niveau européen, 17 Mt de betteraves seront stockées.
Pour tenter de limiter la baisse des prix, la CGB recommande aux agriculteurs de ne pas trop planter de betteraves l'an prochain. L'objectif est de réduire les surfaces de 5 %. Elle indique par ailleurs la signature pour deux ans de l'accord interprofessionnel sur les conditions d'achat, de livraison, de réception et paiement des betteraves. L'intention est là de « déblayer le terrain » avant 2017.