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Produits laitiers/Acquisition Lactalis lance une OPA sur Parmalat

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Le feuilleton Parmalat a finalement débouché sur une OPA de Lactalis sur le groupe italien. Rome, qui avait tout fait pour contrer Emmanuel Besnier, notamment en légiférant pour répousser l’assemblée générale et donner le temps à une solution italienne d’émerger, a finalement estimé que l’OPA n’est pas « hostile ». Avec Parmalat, le chiffre d’affaires de Lactalis atteindrait 14 Mds EUR.

Après le changement du cadre règlementaire lié à sa prise de participation de 28,969 % dans Parmalat, Lactalis s’est finalement vu contraint de lancer une OPA sur le groupe italien. Alors que le gouvernement italien a tout fait pour contrer l’offensive du groupe lavallois sur Parmalat et faciliter l’émergence d’une solution italienne ces dernières semaines, Silvio Berlusconi a finalement indiqué, à l’issue du sommet avec Nicolas Sarkozy, qu’il ne considérait pas l’offre du français comme « hostile ».
Dans un communiqué, Lactalis a donc annoncé le lancement d’une offre publique d’achat sur la totalité des actions Parmalat à un prix de 2,60 euros par action « pour un montant total de 3,375 milliards d’euros » sans préciser le calendrier de l’opération.

Le projet de Lactalis
« Nous avons un projet de croissance ambitieux pour Parmalat, pour en faire un groupe Italien de référence dans le lait de consommation au niveau mondial, ayant son siège, son organisation et sa direction en Italie», a déclaré Emmanuel Besnier, président de Lactalis dans un communiqué. Combiné avec Parmalat, Lactalis réaliserait un chiffre d’affaires pro forma d’environ 14 Mds EUR, soit une croissance de près de 50 %. Pour rappel, en incluant Unimilk sur l’ensemble de l’année 2010, le chiffre d’affaires de Danone produits laitiers frais avoisine 11 Mds €.
Mettant en avant la nécessité pour Parmalat « de pouvoir atteindre une taille significative, permettant le développement de marques globales », le groupe lavallois étudie l’opportunité de transférer dans Parmalat ses propres activités dans le secteur du lait de consommation notamment en France et en Espagne.
Parmalat offre à Lactalis des têtes de pont au Canada, en Australie et en Amérique du Sud, zones où il n’est pas présent. « En outre, l’expansion sur les marchés en fort développement comme le Brésil, l’Inde, la Chine, dans lesquels la présence des deux groupes est limitée, pourrait être rendue plus efficace par le biais d’une intervention commune », indique le communiqué.

Rome espère que des Italiens resteront actionnaires
L’annonce de Lactalis a changé la donne pour Rome. La Caisse des dépôts italienne, contrôlée par l’Etat, et des partenaires financiers italiens (banques et fonds) envisageaient, selon des sources proches du dossier, de lancer une offre sur 60% de Parmalat pour environ 3 milliards mais surenchérir sur Lactalis leur coûterait désormais autour de 5 milliards. Lactalis affirme enfin vouloir maintenir la cotation de Parmalat à la bourse de Milan et s’engage « à restaurer si nécessaire le flottant minimum permettant une cotation régulière des actions de Parmalat », ce qui fait espérer à Silvio Berlusconi que l’alliance italienne fera des propositions à Lactalis pour prendre une participation dans Parmalat et éviter que l’OPA n’arrive à son terme.
Lactalis a par ailleurs une fois encore voulu rassurer l’Italie, en réaffirmant « sa volonté de mettre en œuvre son plan en respectant totalement le caractère italien de Parmalat, en y maintenant son siège, en préservant les implantations industrielles, les emplois et la filière italienne du lait, dans l’intérêt de l’économie du territoire local. »