Les pays riches ne l’avaient jamais fait. Ils ont inscrit la situation alimentaire mondiale à l’ordre du jour du G8. La gravité de la crise d’approvisionnement est telle dans de nombreux pays qu’il était difficile de ne pas l’évoquer. De là à lui trouver des solutions ! car ce qui a le plus la faveur des « maîtres du monde » réunis au Japon semble à cent lieues des préoccupations exprimées au même moment à Rome par la FAO. Son directeur Jacques Diouf réclame à la communauté internationale les fonds qui permettraient à une cinquantaine de pays de semer pour sauver les récoltes 2008-2009. Et, au-delà, des moyens encore plus importants pour relancer leurs systèmes agricoles qui ont été négligés pendant des décennies. C’est quelque 20 milliards de dollars, rappelle Jacques Diouf, qui ont été promis pour les pays les plus pauvres lors du dernier sommet alimentaire à Rome. Mais – la formule est diplomatique ! – ces fonds « ne sont pas encore opérationnels ». D’où cet appel pressant aux pays du G8 pour que leur prise de conscience se traduise par des actes. Ceux-ci se targuent d’avoir fait la moitié du chemin mais n’ont pas décidé la moindre rallonge financière lors de leur sommet de Toyako. Sans surprise, leur recette consiste à vouloir une conclusion positive du cycle de Doha et une levée des barrières à l’exportation des denrées alimentaires. Leur idée de « partenariat mondial » avec la communauté internationale sur l’agriculture et l’alimentation semble un peu plus neuve. Mais est-ce à la hauteur du problème ?

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