Lors d’une table ronde organisée par l’association France Gaz le 16 juin, des professionnels de la filière méthanisation ont demandé que le CO2 biogénique soit reconnu par l’Etat, une condition, selon eux, de son développement. Naturellement produit lors du processus de méthanisation, le CO2 biogénique peut être récupéré pour diverses utilisations : agroalimentaire (production de boissons gazeuses), matériaux, pharmacie etc. « Mais l’État ne fait aucune différence lorsqu’un opérateur utilise du CO2 d’origine fossile ou biogénique », déplore Thomas Langlois, directeur général de Carboservice, société acheteuse de CO2. Cette reconnaissance inciterait les industriels à se tourner davantage vers l'origine biogénique ; la filière propose l’octroi de subventions aux producteurs de CO2 biogénique, ou de tarifs préférentiels par rapport à celui d’origine fossile pour les industriels.
Pour l’instant, seuls « une trentaine de méthaniseurs sont équipés » pour capter la molécule et la commercialiser, indique Nicolas Spilliaert, coordinateur national dans le domaine chez GRDF. Installer un site de captage sur un méthaniseur à un coût élevé : « Un liquéfacteur représente un investissement de 1 à 4 M€. Il faut de grosses structures pour en installer », pointe l’expert de GRDF. Les besoins français en CO2 sont estimés à 700 000 t/an, fournis très majoritairement par l’origine fossile, indiquent les professionnels. Mais le marché est amené à croître, notamment avec le développement de nouveaux débouchés. Parmi eux, signalons l’e-Fuel (biocarburant pour les véhicules) et l’e-Saf (biocarburant pour les avions). La demande hexagonale pourrait ainsi « atteindre les millions de tonnes, voire les dizaines de millions de tonnes », lance Valentin Ollier, manager chez E-Cube, cabinet de conseil du secteur.
Demande française en CO2 estimée à 700 000 t/an
KC