Investir dans le foncier agricole est un choix stratégique, selon les intervenants de la conférence sur le financement de l’agriculture organisée par l’Ihedrea (école de management des territoires et de l’agrobusiness) le 6 octobre.
Si le foncier était quelque peu boudé des investisseurs privés il y a une dizaine d’années, la crise de la bourse de 2007 a redoré l’image de l’achat de terres agricoles, ont indiqué les banquiers présents. Premier avantage, c’est un investissement relativement sûr, car les entreprises agricoles présentent un taux de défaillance faible comparé à celles des autres secteurs, a indiqué Gérald Evin, représentant de la société d’investissement Labeliance.
Par ailleurs, « le foncier français n’est pas très cher », a constaté Benoit Lechenault de BNP Paribas. Selon lui, le prix de la terre est plus ou moins équivalent à celui des bâtiments qu’elle supporte.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Mieux encore, le foncier agricole serait un investissement particulièrement rentable : bien conseillé, un propriétaire peut augmenter la valeur de son bien de 5 à 10 % par an en plus du revenu issu de la location potentielle des terres.
Bruno Roussin, président de la Fédération nationale de la propriété privée rurale, s’est quant à lui montré moins enthousiaste. Selon lui, le fermage devient de moins en moins attractif pour les propriétaires. Le statut n’ayant pas été revu depuis 1946, il est désormais beaucoup trop rigide. Sans une réforme laissant plus de liberté aux cocontractants, les propriétaires de terres vont être de plus en plus réticents à louer leurs terres. A tel point qu’« un bailleur en dehors de la famille va devenir une denrée très rare ! », a alerté M. Roussin.
BB