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Le fret routier agricole sud-américain «humberisé»

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Arriver à temps sur un marché peut rapporter gros. « On a mis notre plateforme en ligne il y a trois ans. On facture près d’un million de dollars par mois ». Le co-fondateur de Humber, Juan José Debuchy, n’a pas besoin de révéler son chiffre d’affaires pour faire comprendre que sa société compte parmi les rares pépites de l’écosystème de start-up agricoles en Argentine.

Présentée dès son lancement, en 2016, comme une déclinaison de Uber pour le fret routier agricole, Humber a enclenché la vitesse supérieure l’an dernier avec trois initiatives : l’arrivée dans son actionnariat de trois (très) grandes entreprises agricoles, qui sèment chacune plusieurs centaines de milliers d’hectares dans tout le Cône sud-américain : MSU, Adecoagro et Lartirigoyen.

Par ailleurs, Humber a lancé en janvier dernier un outil de « tarifs dynamiques » qui renseigne les offreurs de frets (les céréaliers) sur le niveau de prix optimal tout au long de l’année. Enfin, la société s’est adjoint le conseil d’un transfert de luxe, en embauchant l’entrepreneur Javier Kreiner, fondateur de Cargo X, une plateforme de fret brésilienne qui a déjà levé plus de 100 millions de dollars.
Le développement accéléré de Humber s’explique aussi par plusieurs choix stratégiques qui ont porté leurs fruits puisque la société revendique 8 000 usagers entre chauffeurs de camions, entreprises de transport (qui préféreraient déléguer à Humber plutôt que de créer leur propre plateforme digitale) et bien sûr les céréaliers ; ensuite, la gratuité d’une assurance offerte à ces derniers pour gagner leur confiance.

Et puis, surtout, en 2018, Humber a fait le choix de changer de business model ; elle a abandonné le modèle classique du pourcentage, avec une commission calculée au prorata de la longueur de chaque trajet. Désormais, elle achète et revend le prix de la course, ce qui lui permettrait de capter 8% de la valeur de chaque prestation.

Elle peut même aller plus loin, et proposer des services de financement du carburant avant la course. « Nous proposons aux camionneurs de leur avancer de l’argent si nécessaire », explique Juan José Debuchy.

Marc-Henry André

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