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Négociations de l’OMC Le G-4 sous pression

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La paralysie qui affecte pour l’instant le G-4 (Etats-Unis, UE, Brésil, Inde) commence à irriter sérieusement les autres membres de l’OMC qui craignent que celle-ci ne parvienne pas au début de consensus jugé indispensable dans les deux mois pour pouvoir conclure le cycle de Doha avant la fin de l’année. Les pourparlers multilatéraux vont donc, à défaut, s’intensifier à Genève.

«La mi-juin a été fixée comme la date cible pour atteindre un niveau de convergence suffisant au sein du G-4 sur les sujets clefs (du cycle de Doha) », ont souligné les ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis le 23 avril à Luxembourg. Les résultats de ce travail « seront soumis à l’ensemble des membres de l’OMC les mois suivants dans le but de conclure les négociations d’ici la fin de l’année », ont-ils ajouté.

« Pour le moment, un groupe d’acteurs principaux, l’Union européenne, les Etats-Unis, le Brésil et l’Inde, tout en étant désireux de conclure les négociations d’ici la fin de l’année, sont en quelque sorte paralysés par la crainte que toute initiative de la part de l’un d’entre eux sera prise comme argent comptant par les autres et ne conduira pas à des initiatives réciproques », a toutefois constaté le même jour à Pascal Lamy, qui s’adressait à la Chambre de commerce à Washington.

Or, a prévenu le directeur général de l’OMC, « si les pays membres ne dynamisent pas les négociations rapidement – car même si elles sont actives leur rythme reste trop lent –, les gouvernements seront forcés d’envisager la douloureuse réalité d’un échec».

Volet agricole : Crawford Falconer veut « provoquer »

Les 150 pays membres de l’OMC, réunis le 20 avril à Genève, ont d’ailleurs donné pour mission aux chefs des différents groupes de négociation (agriculture, services, etc.) de préparer rapidement des textes de compromis, sans attendre l’issue des pourparlers à quatre.

« Le processus multilatéral ne peut plus attendre la contribution des groupes plus petits », a expliqué M. Lamy. Dans ce contexte, le Néo-Zélandais Crawford Falconer a annoncé le 25 avril au Comité des négociations agricoles, qu’il préside, son intention de présenter le 27 ou le 30 avril un « document sur les défis » destiné à « provoquer » les pays membres, dans l’espoir de susciter un compromis.

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Ce document sera ensuite débattu par le comité le 4 mai.

Un créneau de quelques semaines

A Washington, le directeur général de l’OMC a également relevé que la Trade Promotion Authority – cette loi par laquelle le Congrès délègue à l’exécutif américain des pouvoirs spéciaux de négociation, mais qui expire en théorie le 1 er juillet prochain – « ne sera nécessaire que pour avaliser les résultats d’un accord dans le cycle de Doha et n’empêche pas l’administration (Bush) de négocier avec les partenaires de l’OMC ».

« En même temps, a-t-il toutefois ajouté, il y a à Genève une reconnaissance du fait que les progrès effectués dans le cadre du cycle de Doha et les perspectives d’une conclusion rapide des négociations seront aussi pris en compte par les membres du Congrès américain lorsqu’ils discuteront du renouvellement du TPA ».

« Ce n’est dès lors pas une surprise que beaucoup de membres de l’OMC pensent qu’il y a actuellement une période pendant laquelle un accord est possible qui se terminera s’il n’y a pas de progrès dans les prochaines semaines », a conclu M. Lamy.