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Sucre Le groupe Cristal Union prêt à affronter l’après-réforme

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A l’occasion de leur assemblée générale, les dirigeants de Cristal Union se sont félicités des résultats de leur groupe. Ils estiment avoir sorti leur épingle du jeu dans un contexte difficile, marqué par la réforme de l’OCM sucre et une concurrence acharnée.

«Nos résultats sur l’exercice 2006/2007 sont bons en apparence, mais en fait, ils sont plus qu’excellents », a indiqué Daniel Collard, le président du conseil d’administration de Cristal Union, à l’occasion de l’assemblée générale du groupe le 10 mars à Reims. A 12,1 millions d’euros, le résultat net de l’exercice 2006/2007 est pourtant largement inférieur aux 23,7 millions d’euros de 2005/2006. Mais le rapport annuel de Cristal Union souligne que « l’évolution du périmètre conjuguée aux modifications comptables induites par la réforme de l’OCM sucre […] ne permettent pas une comparabilité aisée entre les résultats des deux exercices ». « Nous avons fait en une année ce que certaines entreprises ne font pas en 10 ans », s’est félicité Alain Commissaire, le directeur du groupe.

Restructuration du périmètre

Petite rétrospective. En janvier 2007, le groupe rachète aux côtés de Cohésis la distillerie Jean Goyard. Puis il absorbe la sucrerie d’Erstein et ses filiales. En juin, Cristanol démarre sa première campagne de production. En septembre, Cristal Union reprend à Saint Louis sucre sa participation de 50 % dans les sucreries de Bourgogne, avant d’annoncer la fermeture de la sucrerie d’Aiserey pour satisfaire le plan de restructuration décidé par Bruxelles. « Les conséquences de la fermeture, soit 17 millions d’euros, ont toutes impacté l’exercice 2006/2007 », a indiqué Jean-François Javoy, directeur administratif et financier du groupe. Déficitaire de 6,3 millions d’euros, Cristanol plombe également les comptes du groupe. Mais cela correspond aux objectifs initiaux puisque la société doit absorber les frais liés à la construction de sa première ligne de production.

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Gérer l’impact de la réforme

La mise en place de la réforme de l’OCM sucre s’est elle aussi traduite par des charges supplémentaires : le retrait applicable à la récolte 2006 de 15,33 % de sucre du quota, soit 85 763 tonnes et le paiement du premier montant de restructuration de 126,40 euros par tonne de quota. La disparition de la cotation à la production n’a pas compensé ces dépenses. La baisse des volumes de sucre à commercialiser s’est traduite par une réduction du chiffre d’affaires de Sucre Union, qui a dû également faire face à une pression accrue de la part des GMS. Autre facteur de charges supplémentaires : l’augmentation des coûts de l’énergie, à l’origine de 8 millions d’euros de frais, ainsi que la hausse du prix des céréales et des matériaux.

Développer la commercialisation du sucre et l’éthanol

Pour l’exercice en cours, le groupe va travailler à asseoir Eurosugar, opérationnel depuis le 1er octobre dernier. Cette société, filiale de Cristal Union, Nordzucker et ED&F Man, commercialise 14,9 % du marché européen du sucre. Le groupe n’exclut pas d’agrandir son périmètre si l’occasion se présente. Cristanol 2 devrait démarrer son activité à la fin de l’année. Cette seconde tranche, qui ne devait produire que de l’éthanol de blé, transformera à la fois des céréales et de la betterave compte tenu de la hausse des cours. Autre projet d’envergure : simplifier l’organisation du groupe en fusionnant les 5 coopératives de livreurs.