Sept organisations, environnementales ou représentantes du monde agricole, ont annoncé le 22 février leur boycott du Haut conseil des biotechnologies (HCB), l’accusant de « censure » dans sa première contribution sur les nouvelles techniques de sélection végétale. « Suite à plusieurs mois de travaux, les sept organisations font le constat amer qu’un débat pluraliste sur les nouvelles techniques de modifications génétiques ne peut pas se dérouler au sein du HCB tel qu’il fonctionne actuellement », écrivent dans un communiqué commun Les Amis de la Terre, France Nature environnement, Greenpeace, l’Union nationale de l’apiculture française, la Confédération paysanne, la Fédération de l’agriculture biologique et le Réseau semences paysannes.
Leur colère a été déclenchée par un avis publié le 4 février par le HCB sur les nouvelles techniques de sélection végétale (en anglais « New plant breeding techniques ») et le statut juridique des produits végétaux et animaux issus de ces techniques.
Les sept organisations affirment que « l’avis du comité scientifique a été tronqué et n’a pas inclus l’avis divergent présenté par l’un des experts de ce comité ». « Le HCB justifie l’exclusion de cet avis au nom d’un vice de procédure non avéré » et « l’expert concerné, directeur de recherche à l’Inra, a depuis démissionné du comité scientifique », indique le communiqué.
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Le HCB est composé d’un comité scientifique et d’un comité économique, éthique et social, dont sont membres les sept organisations. Issu du Grenelle de l’Environnement, l’organisme public a été créé en 2009 pour développer une expertise sur les nouvelles technologies et éclairer les décisions des politiques sur ces dossiers polémiques.
Les sept organisations expliquent « suspendre leur participation aux travaux du comité économique, éthique et social du HCB tant que cet avis scientifique divergent n’aura pas été publié et transmis aux autorités européennes ». Elles souhaitent être reçues par les ministres de l’Environnement et de l’Agriculture.