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Machines agricoles Le marché français du machinisme recule de 15 % en 2009

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Le marché français des machines agricoles a baissé de 15 % l’an dernier. Les perspectives ne sont pas meilleures pour 2010. Mais les professionnels gardent le moral.

Pas de surprise : la catastrophique année 2009 pour les paysans a coïncidé avec une mévente de machines agricoles (tracteurs, moissonneuses batteuse…). C’est ce qu’a révélé la 7e Convention nationale des agro-équipements qui s’est tenue le 8 avril à Marseille. Le marché français du machinisme agricole a chuté de 15 % pour représenter 3,93 milliards d’euros. La baisse du marché a aussi eu un impact non négligeable sur l’activité des distributeurs. Quant à la demande extérieure, elle ne se porte guère mieux. En 2009, les exportations sont en baisse de 25,2 % pour atteindre 2,01 milliards d’euros. Des reculs significatifs qui ont entraîné un recul de la production de l’industrie française des agro-équipements de 23,8 % en 2009 par rapport à 2008 pour atteindre 3,05 milliards d’euros.

Retour à la normale
Malgré ce contexte économique morose, les professionnels de la filière des agro-équipements gardent le moral. La mévente de 2009 est perçue comme un retour à la normale après une année 2008 exceptionnelle, grâce aux prix agricoles non moins exceptionnels. Selon un sondage réalisé au sein de la convention de Marseille, environ 90 % d’entre eux se sont dits « confiants » ou « plutôt confiants » sur l’avenir de l’agriculture. « Ce qui est gage d’espoir, explique Alain Dousset, président de Sédima (distributeurs) et nouveau président de la filière, ce sont les transformations dans l’agriculture, les nouveaux produits ». Alain Dousset évoque notamment « l’agriculture écologiquement intensive ». Pour lui, l’espoir réside dans la recherche de nouvelles solutions et l’adaptation des métiers à la mutation indispensable de l’agriculture. Comme bon nombre d’autres participants à la convention nationale, Alain Dousset espère trouver des solutions grâce aux politiques. « Il faut mettre du bon sens dans le processus décisionnel », a renchérit Christophe Béchu, président du conseil général du Maine-et-Loire.

La demande mondiale reste colossale
Selon un sondage local, plus de la moitié des participants à la convention de Marseille pensent que les agriculteurs vont investir « de façon égale » dans le matériel agricole à l’avenir, et 21 % pensent qu’ils vont augmenter leurs investissements de matériels. « Nos clients sont conscients qu’ils ne feront pas demain ce qu’ils ont fait hier, explique Jean-Pierre Bernheim, président de l’association Axema, qui regroupe les professionnels du secteur. Et pour faire ce qu’ils feront demain, ils auront besoin de nouvelles machines, et ces nouvelles machines, il faut qu’on les invente. » D’autant plus que la demande mondiale reste colossale, si l’on en croit les données chiffrées révélées lors de la convention : le parc mondial de tracteurs ne représente aujourd’hui que 30 millions d’unités, tandis que 270 millions d’animaux sont utilisés pour la traction. C’est donc un milliard d’agriculteurs qui travaillent encore avec leurs bras.

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