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Mexique/Acquisitions Le mexicain Sigma Alimentos veut s’offrir l'espagnol Campofrio

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Le groupe mexicain Sigma Alimentos, un des leaders des produits carnés en son pays, a décidé de sortir de ses marché traditionnels en Amérique latine et du nord et lance une OPA sur la totalité du groupe espagnol Campofrio, récemment entré dans le giron du chinois Shuanghui. Ce dernier n’a pas fait savoir s’il accepterait de vendre ses parts ou de lancer une contre-offensive.

Le groupe alimentaire mexicain Sigma Alimentos, filiale du groupe diversifié Alfa Sab a informé le 15 novembre les autorités boursières espagnoles (CNMV) de son intention de lancer une OPA sur la totalité du capital de la société Campofrio. Avant de lancer cette opération, Sigma Alimentos avait acquis 45,8% du capital de la société spécialiste des produits carnés, en reprenant les participations de la famille Ballvé (12,4%), du fonds américain Oaktree (24,2%) et de Caixabank (4,17%) ainsi que de certains minoritaires. Le mexicain avait payé 6,8 € par action, montant qu’il propose également pour racheter les parts qui lui manquent. La transaction représenterait une sortie de fonds de 675 M€, à laquelle s’ajoutera une dette de 444 M€ que Sigma se dit prêt à reprendre. Ce prix représente une surprime de 10% sur le cours de clôture de la veille et de 26% sur celui d’il y a 6 mois.
 
Le chinois Shuanghui n’a pas encore réagi
Le 20 novembre, le groupe chinois Shuanghui, propriétaire de 36,9% des actions du groupe espagnol leader européen de la charcuterie, présent en France avec les marques Aoste, Justin Bridou et Cochonou, n’avait pas réagi à cette OPA. Shuanghui détient ces parts depuis le rachat du groupe américain Smithfields en septembre dernier. Depuis plusieurs semaines, la presse espagnole rapporte que le groupe chinois chercherait à se désengager partiellement de Campofrio, pour au moins passer sous la barre de 30% afin de ne pas être obligé de lancer une offre d’achat sur 100% du groupe, comme l’y obligerait la loi espagnole. D’un autre côté, le Financial Times et l’agence Reuters ont dévoilé le 6 novembre que Shuanghui serait sur le point de lancer une introduction géante sur la Bourse de Hong Kong pour financer l’achat du groupe américain. Le groupe chinois devrait donc évaluer s’il serait plus attractif pour les actionnaires futurs d’avoir réalisé la vente de Campofrio ou au contraire d’en être le propriétaire à 100% pour offrir le visage d’une société présente sur les trois plus grands marchés du monde, Amérique, Europe et Asie.
 
Moody’s dubitatif
Selon le site de presse en ligne mexicain infolatam, l’agence de notation Moody’s a dégradé de stable à négative la notation de Sigma. Elle juge que c’est la première fois que la société mexicaine se hasarde en Europe et qu’elle ne pourra pas bénéficier des synergies de la proximité géographique avec ses marchés traditionnels que sont l’Amérique latine et du nord, d’autant que la conjoncture économique en Europe est peu favorable. Sigma se montre toutefois confiant dans son projet, mettant en avant son appartenance à un groupe puissant, Alfa présent dans la pétrochimie (Alpek), les piéces en aluminium de haute technologies (Nemak), les télécommunications (Alestra) et l’énergie (Newpek). Il compte également sur la stabilité du management, l’offre de reprise garantissant le maintien de l’équipe dirigeante et notamment du président Pedro Ballvé, issu de la famille fondatrice de Campofrio qui resterait en place pour au mois cinq ans.

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