La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé le 4 février la suppression, d’ici le mois d’avril, de la publicité pour certains aliments pendant les programmes télévisés pour enfants, dans un premier temps sur la base d’engagements volontaires des professionnels. L’ANIA, qui avait déjà ouvert ce chantier avec ses adhérents, sera en revanche très réservée sur l’interdiction des confiseries près des caisses de supermarchés qui est envisagée par la ministre.
Dans le cadre de la lutte contre l’obésité et le surpoids, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a présenté de nouvelles mesures, dont l’encadrement de la publicité pour les produits alimentaires dans les programmes télévisés pour enfants.
Dressant devant la presse un bilan du Plan national nutrition santé (PNNS), Mme Bachelot a relevé que la politique de prévention « porte quelques fruits », avec « un ralentissement » de la progression de l’obésité chez les enfants stabilisée à 3,5 % de leur tranche d’âge contre 17 % chez les adultes, pour qui la prévalence a augmenté de 5 % par an pendant dix ans !. Toutefois, les efforts doivent être accentués et, en ce qui concerne la publicité télévisée, le ministère organisera une réunion de concertation début mars avec des représentants de l’industrie agroalimentaire, des annonceurs, des consommateurs et des experts. « Je vais dans un premier temps, faire appel au sens de l’autodiscipline », a indiqué Mme Bachelot au cours d’une conférence de presse. En cas d’échec de cette phase volontariste, qui sera évaluée en mai, elle proposera « des mesures législatives d’interdiction ».
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Retirer les confiseries près des caisses ?
Sur le même principe, la ministre souhaite obtenir le retrait des confiseries et sucreries aux caisses des magasins. Une réunion avec les industriels et les représentants du commerce et de la distribution se tiendra courant février, « avec l’objectif d’un retrait effectif en juin ». Mme Bachelot a également annoncé des mesures en direction de la restauration scolaire et évoqué l’installation en cours de l’Oqali, l’Observatoire de la qualité alimentaire Cf Agra alimentation n° 2003 du 17.01.08, p. 9. Les différentes mesures présentées par la ministre répondent aux demandes du collectif « Obésité: protégeons nos enfants», réunissant six associations dont des parents d’élèves et l’UFC-Que Choisir Outre UFC-Que Choisir, sont représentés dans le collectif l’Association française des diabétiques, la restauration scolaire (Association nationale des directeurs de la restauration municipale et Comité de coordination des collectivités) et les parents d’élèves (FCPE et PEEP).. Ce collectif s’est félicité du « lancement d’une véritable politique de lutte contre l’obésité infantile (…) Après 30 ans de passivité des pouvoirs publics en matière d’obésité, le gouvernement semble enfin prendre les mesures à la hauteur de l’enjeu sanitaire », indique-t-il en déclarant rester « vigilant quant à la mise en oeuvre des mesures annoncées ». Il « entend vérifier que la volonté gouvernementale est prolongée par une détermination des parlementaires à adopter dès 2008 une grande loi de prévention de l’obésité infantile », dont il avait demandé l’adoption dans une lettre ouverte au ministre en décembre dernier.
L’autodiscipline existe déjà
Les industriels de l’alimentation « ont anticipé » le souhait de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de voir disparaître la publicité pour certains aliments pendant les programmes télévisés pour enfants, affirme Jean-René Buisson, le président de l’Ania. Déjà en 2003 l’Ania avait participé à l’élaboration des recommandations « enfants » du BVP et depuis 2005 elle remet régulièrement à jour son Guide de bonnes pratiques de communication nutritionnelle. Les industriels avaient précisément anticipé la demande de la ministre de la Santé puisque l’Ania va proposer à ses membres le 14 février « une charte pour le retrait volontaire des publicités pour les aliments gras, trop sucrés ou trop salés autour et pendant les émissions pour les enfants âgés de moins 12 ans », comme l’a indiqué à l’AFP son président. Déjà de nombreux industriels « comme Ferrero, Mars, LU se sont engagés dans cette démarche », rappelle-t-il. En revanche Jean-René Buisson se montre « beaucoup plus réservé » concernant le souhait de Mme Bachelot de retrait des confiseries et sucreries devant les caisses des hypermarchés et supermarchés. « 90 % des produits devant les caisses concernent les adultes et sont sans sucre. Ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser les linéaires de la grande distribution », estime le président des industriels de l’alimentaire.