Après 10 ans de hausse, le prix des terres agricoles s’est enfin calmé en 2006, a annoncé la fédération des Safer, à l’occasion d’une conférence de presse le 24 mai. Les exploitants ont réalisé davantage de transactions. Les non-agriculteurs confirment leur emprise sur l’espace rural.
Fini la hausse ! Si le prix des terres agricoles s’est accru de 61 % en euros constants entre 1995 et 2005, il s’est enfin stabilisé sur 2006. Selon les données communiquées le 24 mai par la Fédération des Safer en conférence de presse, il s’affiche même en très légère baisse : l’hectare s’est négocié à 4 740 euros en 2006 contre 4 750 euros en 2005. Ces chiffres cachent toutefois des disparités en fonction des acquéreurs : pour les agriculteurs, les prix payés ont grimpé de 5 %, tandis qu’ils baissaient pour les autres intervenants, qui ont réduit leurs achats par rapport à l’année précédente. La situation était inversée en 2005, où les acheteurs non-agriculteurs devaient débourser 48 % de plus que les paysans. « L’augmentation de coût consentie par les agriculteurs s’explique par la hausse de 17 % des revenus agricoles en 2006 », a indiqué Robert Levesque, directeur de Terres d’Europe-Scafr.
Davantage de transactions agricoles en 2006
Des factures plus élevées n’ont pas empêché les exploitants d’accroître leurs acquisitions. « En 2005, elles avaient baissé, parce que le système des DPU n’était pas clair pour tout le monde, a observé Robert Levesque. Des ventes se sont donc dénouées en 2006, lorsque l’administration a précisé les modalités de transfert ». Il ne s’agit donc probablement pas d’une tendance de fond.
Avec 383 000 hectares échangés en 2006, le marché agricole reste le segment le plus important du marché rural en surfaces. Mais en valeur, le marché des maisons à la campagne le dépasse largement. Il représente 8 milliards d’euros, soit deux fois plus d’argent que le marché agricole. En 2006, il fallait compter 206 000 euros pour acquérir une maison comprenant en moyenne
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7 700 mètres carrés de terrain. Un prix en hausse de 8,4 % par rapport à 2005. Cette évolution révèle l’emprise croissante de l’usage non agricole des espaces ruraux. Celle-ci s’explique notamment par la hausse des prix immobiliers qui, depuis 1997, pousse les non-agriculteurs vers le marché rural.
L’artificialisation se développe
Le phénomène se traduit entre autres dans le développement du marché des espaces résidentiels et de loisirs non bâtis, qui inclut les achats de terres pour agrandir une pelouse ou créer un parc à chevaux. Il concerne désormais 23 % des surfaces (6 % en valeur). L’artificialisation poursuit également sa très forte progression. Entre 1998 et 2000, seuls 0,09 % de la surface agricole utile étaient concernés, soit moins de 30 000 hectares, contre 0,13 % entre 2004 et 2006 (35 000 à 40 000 hectares). « L’artificialisation des terres n’induit pas seulement une baisse de la production, a signalé André Thévenot, président de la Fédération nationale des Safer. C’est aussi un facteur d’accroissement du réchauffement de la planète. »