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Alors que le chef de l’Etat a déclaré, le 16 mai, qu’un remaniement ministériel n’était pas d’actualité, quelques adaptations pourraient néanmoins être apportées avant l’été, a-t-on appris d’une source bien informée.
«Est-ce qu’il y aura un jour un remaniement ? Un jour ? C’est possible, mais ce n’est pas aujourd’hui, et ce n’est pas maintenant, et ce n’est pas d’actualité », a indiqué, le 16 mai, François Hollande, lors de sa conférence de presse, à l’Elysée. Depuis plusieurs semaines, le président de la République laisse planer le doute quant à un éventuel mouvement ministériel. D’abord, début avril, au lendemain des aveux de Jérôme Cahuzac, puis le 8 mai, dans le magazine Paris Match où il déclarait : « Personne n’est protégé, personne n’a d’immunité », « un jour, des choix et des aménagements auront à être faits ». Ces dernières déclarations du 16 mai continuent malgré tout à alimenter l’ambigüité. Car un remaniement « technique », avec la poursuite de ce qui a été engagé, pourrait en effet se produire, avant l’été, indique-t-on dans les coulisses du pouvoir. Et parmi les intéressés, le ministre de l’Agriculture pourrait être concerné. D’abord, si Stéphane Le Foll a formellement déclaré vouloir poursuivre son engagement à l’Agriculture, il serait aussi envisagé de renforcer son rôle par ailleurs. Là où il s’éprouve déjà depuis plusieurs semaines, à savoir au poste de porte-parole du gouvernement. C’est l’affaire Cahuzac qui l’a mis en selle. Stéphane Le Foll incarnerait en effet « assez bien » la « gauche morale ». Autre adaptation possible : son ministère pourrait s’élargir et accueillir de nouveaux hôtes. Parmi ceux-là, l’actuel ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon. Et le portefeuille du Commerce pourrait aussi être transposé rue de Varenne. Du champ à l’assiette : l’idée serait d’apporter une plus grande cohérence et une meilleure harmonisation entre les différents maillons.
Tenir sa ligne
Cette mesure pourrait permettre par ailleurs de désengorger Bercy, occupé aujourd’hui par quatre ministres et trois délégués. François Hollande a cependant estimé, le 16 mai, qu’il n’y avait pas trop de ministres à Bercy mais qu’il fallait en revanche qu’il n’y ait qu’une seule ligne politique. Le ministère de l’Economie et des Finances et en particulier son patron, Pierre Moscovici, ont en effet récemment été la cible de critiques, y compris au sein de la majorité, en raison notamment de dissensions entre les ministres de l’Economie, Pierre Moscovici et du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
Le président de la République a enfin réitéré, lors de la conférence, sa confiance à Jean-Marc Ayrault « pour les mois qui viennent », saluant son courage dans une période difficile, sa loyauté et enfin son caractère désintéressé. « Je ne veux pas dire que les prédécesseurs ne l’étaient pas, mais enfin lui, cherche simplement à faire réussir l’action que je conduis ».
« Il ne doit y avoir qu’une seule ligne au gouvernement », a encore déclaré le chef de l’État : « Faire réussir la politique que j’ai décidée pour le pays ».