Comme prévu dans le plan de continuation du groupe Doux validé il y a un an, le saoudien Almunajem va participer à la recapitalisation. Il détiendra à terme une participation de 25 % aux côtés du holding de la famille Calmels.
AVEC quelques mois de retard sur le plan initialement prévu, le groupe saoudien Almunajem est entré au capital du volailler Doux. Importateur et distributeur exclusif en Arabie-Saoudite depuis 40 ans de Doux, le groupe familial saoudien a donc décidé de « convertir sa créance et de souscrire à une augmentation de capital, représentant, in fine 25 % du capital », indique le communiqué publié conjointement par les deux groupes le 20 octobre. Cette opération s'inscrit dans le cadre des accords passés avec D&P Participations, le principal actionnaire du volailler avec 75 % à l'issue de l'entrée du nouvel actionnaire, un holding détenu par la famille du président du conseil de surveillance Didier Calmels. Almunajem, « confirme ainsi son engagement stratégique de contribuer durablement à l'objectif de toutes les parties prenantes, de pérennisation des activités industrielles et des marques du groupe Doux dans leur configuration actuelle », souligne encore le communiqué.
SOULAGEMENTS DANS LES RANGS DE DOUX
« Qu'un groupe international rentre au capital d'une société agroalimentaire bretonne deux ans et demi après son dépôt de bilan et moins d'un an après sa sortie de redressement judiciaire, c'est un acte fort et de confiance », s'est félicité Arnaud Marion, président du directoire de Doux, joint au téléphone par l'AFP. « C'est une grande fierté pour nous tous ! », a-t-il ajouté. « On a une société aujourd'hui qui est profitable, qui est désendettée, qui honore son plan (de continuation, ndlr) et qui a un actionnariat fort, stable et prestigieux », a-t-il souligné. « Je pense qu'on est bien armés pour faire face aux défis à venir et aux prochaines étapes du plan ». « C'est une excellente nouvelle pour nous, ça va nous donner une bouffée d'oxygène », a de son coté réagi Patricia Le Bars, déléguée centrale CFDT du groupe. « Ça faisait un moment qu'on attendait, là on est rassurés (...), ça veut dire que le groupe Almunajem a confiance en nous », a-t-elle ajouté. Le pôle export de Doux (poulet et produits élaborés) devrait réaliser un chiffre d'affaires de 360 millions d'euros en 2014, précise le communiqué.
UNE RECAPITALISATION ATTENDUE DEPUIS UN AN
Le groupe Doux, qui emploie encore quelque 2 200 personnes, avait été placé en redressement judiciaire en juin 2012, en raison de dettes importantes. Dans la foulée, il avait supprimé près d'un millier d'emplois avant d'établir un plan de continuation, validé fin novembre 2013 par le tribunal de commerce de Quimper. Ce plan reposait sur un accord de recapitalisation prévoyant que la société D&P devienne l'actionnaire majoritaire avec 52,5 % du capital. À ses côtés devait également entrer au capital Almunajem (25 %), tandis que la famille Doux devait garder 22,5 % des parts, contre 80 % auparavant. Cet accord devait être finalisé au premier trimestre 2014.
Almunajem est un groupe diversifié dans le secteur de l'agroalimentaire qui opère notamment en tant qu'importateur grossiste de denrées surgelées. Il emploie quelque 15 000 personnes, hommes et femmes, saoudiens et expatriés de plus de 20 nationalités différentes, selon la version française de son site internet.