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Surgelés et glaces Le secteur grand froid stimulé par les circuits spécialisés

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Le marché des surgelés a progressé en 2005 de plus de 3%, à l’inverse de celui des glaces qui a baissé de 1,3%, selon les chiffres révélés lors de la dernière journée « Grand Froid ».

Tous secteurs confondus, le marché des produits surgelés a atteint l’an dernier 7,295 milliards d’euros, en progression de 3,3% par rapport à 2004, alors qu’il n’avait augmenté que de 0,8% un an plus tôt sous l’effet d’une très forte pression sur les prix en 2004, a indiqué Eric Seynave, président du syndicat national des produits surgelés et congelés, lors de la 10ème journée « Grand Froid » organisée par les professionnels du secteur.

En volume, les surgelés affichent également une croissance, estimée par les fabricants et les grossistes à +2,7% pour atteindre un total de 2,077 millions de tonnes, grâce en particulier aux desserts (+17%) et aux viandes (+11%).

La consommation hors domicile (1,083 million de tonnes) devance la consommation à domicile (994.000 tonnes). Et progresse même un peu plus vite (+3% contre 2,5%).

Surgelés : le boom de fin d’année

Cette évolution s’inscrit dans un contexte moins morose pour les achats alimentaires des ménages : « Les Français se remettent à consommer, analyse Isabelle Kaiffer, de TNS Secodip, et à redépenser plus » (+0,6% en volume fin décembre sur les PGC+frais+charcuterie-traiteur-fromages, et +1,3% en valeur). Les achats de surgelés par les ménages dans les différents circuits, qui faisaient déjà mieux auparavant (entre +2 et +3%), figurent en 2005 à +5,4% en volume et +6% en valeur parce que, à vrai dire, cette année les panels TNS Wordpanel incluent les achats du réveillon. Par comparaison, seuls les rayons saurisserie, poissons fumés (+11,9%), traiteur LS (+7,9%) et charcuterie LS (+6,4%) ont fait mieux en 2005.

Les disparités de performances déjà observées en 2004 entre circuits s’accentuent, constate Isabelle Kaiffer. Les GMS classiques sont à la traîne et passent pour la première fois sous la barre des 50% dans la distribution de surgelés contre 56% encore il y a quatre ans. Leurs ventes n’ont augmenté que de 3% en 2005, la livraison à domicile de 6%, le hard discount est à +9% et surtout les magasins spécialisés (freezer centers…) gagnent 15%. Les Français sont de plus en plus nombreux à fréquenter ce type de magasins (24% d’acheteurs annuels) dont le nombre d’ouvertures a progressé, notamment chez Picard, et à se faire livrer (18%), ce qui est un effet de l’efficacité qu’a trouvé par exemple le nouvel ensemble Toupargel/Agrigel.

L’essoufflement du hard discount n’est pas perceptible globalement avec une part de marché volume de 17,4%, mais sur plusieurs familles de produits, il régresse, en légumes, pommes de terre et surtout viandes.

Les grandes enseignes continuent de pénaliser les surgelés en ne leur accordant pas un linéaire plus grand alors que tous les gros marchés alimentaires en ont bénéficié : traiteur +9,5%, fromages LS +5,8%, confiserie +4,5%, ultra-frais +3,9%, …

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Conséquence, pour la première fois, le nombre de références, déjà stabilisé en 2004, s’est même réduit en hypermarchés, un signe inquiétant selon Isabelle Kaiffer, si l’on va trop loin avec pour chaque produit seulement une marque nationale, une MDD et une marque premier prix.

L’appétit des Français pour les produits surgelés s’est polarisé sur des achats plaisir et gain de temps : au hit parade des ventes figurent les desserts et les viandes, les premiers se développant surtout par du recrutement de nouveaux acheteurs et en particulier en fin d’année. Quelque soient les familles de produits, d’ailleurs, les magasins qui développent leur offre en fin d’année progressent en chiffre d’affaires. Au total, la croissance des surgelés - une des plus importantes de l’alimentaire - est soutenue pas une distribution spécifique et un travail soutenu d’innovation et de renouvellement des gammes.

Glaces : stabilité à long terme

A la différence de ces belles performances des surgelés, le marché des glaces, qui avait connu une année 2003 faste grâce à la canicule, a connu une année 2005 décevante après une année 2004 déjà morose, en baisse de 9% sur 2003.

Le total des ventes de glaces s’est élevé, selon les fabricants (SFIG) et les grossistes (Syndigel), à 1,685 milliard d’euros, soit une diminution de 1,3% par rapport à 2004 malgré des investissements publicitaires encore assez élevés (32 millions d’euros, après 39 M EUR en 2004), En volume, la consommation a baissé de 0,3% globalement, à 363,7 millions de litres. La consommation à domicile a été quasi stable avec 253 M L (+0,5%) mais s’est dévalorisée quelque peu (-1,1%).

La consommation hors domicile est la plus touchée, et accuse un recul de 2% à 110,7 millions de litres (-1,6% en valeur).

Sur les achats des ménages, les panels signalent des variations plus marquées : la canicule avait poussé les ventes tous circuits de 10% en volume et de 15% en valeur en 2003, suivie d’un recul analogue (-14% en volume et en valeur en 2004) et d’une année 2005 entièrement plate. Autrement dit, les glaces, qui ont réagi exactement comme les autres produits sensibles aux aléas climatiques (soft drinks, eaux, bières), affichent une grande stabilité sur le long terme, autant en nombre d’acheteurs qu’en quantités achetées d’ailleurs. Comme pour les surgelés, les GMS perdent du terrain (-3%), et un peu le hard discount (-1%), au profit des magasins spécialisés (+1%) et surtout de la livraison à domicile (+5% à 13,1% de part de marché valeur). Les circuits spécialisés sont en particulier très forts en période de fête, mais les parmi les hypers, ceux qui augmentent leur nombre de références à ces moments là sont également gagnants en chiffre d’affaires.

Par catégories, les tendances sont négatives pour les produits vrac et détente enfants, mais très positives pour les spécialités à partager (+8%) et les produits spécifiques de fin d’année (+13%) grâce aux bûches de Noël. De nouvelles opportunités se dessinent sur ce marché, susciter une deuxième saison des glaces en fin d’année et développer les commandes à domicile par les foyers accros à Internet.