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Evénement Le SIAD tente de tisser des liens entre agricultures biologique et « durable »

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A Agen, la première édition du Salon international de l’agri-durable et du bio (SIAD) a prouvé que les deux modèles pouvaient échanger des données et expériences mais aussi qu’un certain nombre de barrières restaient à lever.

Du 3 au 5 juin s’est tenue à Agen la première édition du SIAD (Salon international de l’agri-durable et du bio) qui cherche à relier agriculture biologique et agriculture durable. A cette occasion se tenait également le congrès annuel de l’Association française des journalistes agricoles (Afja). « Le temps des recettes toutes faites est terminé, s’est félicité le président de la Chambre d’agriculture d’Aquitaine, Dominique Graciet. Notre agriculture régionale est forte car diversifiée. Et dans ce paysage, le bio a toute sa place et présente d’ailleurs beaucoup de points de convergence avec l’agriculture conventionnelle ». Le conseil régional investit fortement dans le secteur – 100 millions d’euros en 2010 – à la fois pour aider les exploitations à améliorer leurs pratiques (à travers le programme Area – agriculture respectueuse de l’environnement en Aquitaine) et soutenir le développement de l’agriculture biologique. Mais « trouver des passerelles pour échanger les pratiques entre agricultures biologique et conventionnelle reste difficile, admet Benoît Fauconeau, délégué régional du centre Inra de Bordeaux-Aquitaine. C’est surtout au niveau des coopératives et des organismes de formation qu’il est possible de faire avancer les choses ».

Quelle agriculture soutenir ?
En termes de soutiens dans le cadre de la future Pac, la question se pose aussi : quelle agriculture aider ? Hervé Guyomard, directeur de recherche à l’Inra, estime que pour atteindre des objectifs environnementaux, il faudrait « rémunérer les résultats plutôt que les moyens ». Et donc il se demande s’il vaut mieux aider le développement de l’agriculture biologique ou l’ensemble de l’agriculture à améliorer ses pratiques. « On ne peut pas subventionner un mode de production parce qu’il aurait des bénéfices. Le bio c’est très bien, mais cela présente au moins un gros défaut : la question de l’usage des terres », précise-t-il, évoquant les moindres rendements en bio qui risquent de conduire à des prélèvements trop importants sur les surfaces. Mais pour rémunérer les effets positifs de l’agriculture, encore faut-il pouvoir les mesurer. Le chercheur appelle donc la recherche à mettre au point des indicateurs scientifiques de l’impact des pratiques sur l’environnement.

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