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International Le Sommet Rio + 20 ouvert sur fond de pessimisme

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C’est le 13 juin que s’est ouverte la Conférence internationale sur le développement durable à Rio de Janeiro au Brésil. Vingt ans après le Sommet de la Terre de Rio en 1992, c’est sans grand enthousiasme que s’ouvre ce nouveau rendez-vous baptisé Rio+20, mais avec de sérieux doutes sur ce que son issue apportera de concret.

L’ambition de la conférence internationale Rio+20 est de fixer de nouveaux objectifs et calendrier pour le développement durable. Organisé 20 ans après le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro au Brésil, ce rendez-vous, qui s’est ouvert le 13 juin et durera jusqu’au 20 juin, s’annonce compliqué sur le plan des négociations. Lors de son ouverture, Dilma Rousseff, présidente du Brésil qui accueille la conférence, a appelé « tous les pays du monde à s’engager » dans l’obtention d’un accord qui réponde aux besoins environnementaux et sociaux de la planète, malgré le contexte de crise internationale. Par rapport au sommet de Johannesbourg en 2002, « il n’y a pas de grand ennemi de Rio+20, mais pas non plus de grand ami », analyse Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri, l’Institut français de développement durable et des relations internationales.
Pourtant, le 13 juin, le secrétaire général de la conférence, le Chinois Sha Zukang a affirmé : « Nous devons énormément accélérer le rythme des négociations ».
De son côté, l’Union européenne a dit qu’elle se battra « jusqu’à la dernière minute » pour obtenir des « engagements crédibles » pendant Rio+20 mais ce sera difficile, selon les mots du commissaire à l’Environnement Janez Potocnik. Il s’est voulu « optimiste », mais il n’a pas caché les difficultés et les risques d’échec de ce sommet boudé par la plupart des dirigeants occidentaux. Barack Obama et Angela Merkel, par exemple, ne sont pas présents à Rio.

L’économie verte qui fâche

De plus, le sommet risque de pâtir de la défiance des pays en développement vis-à-vis des propositions des pays de l’OCDE, un clivage ancien mais qui semble persister en trame de fond de ce nouveau cycle de négociations. Le thème de l’économie verte cristallise cette divergence. « On n’arrive pas à créer de la sympathie autour de cette notion, car elle est vue par les pays en développement comme du protectionnisme », explique Laurence Tubiana. Une notion qui est peut-être également restée trop européo-centrée. Mais qui ouvre la question des relations commerciales internationales.
En parallèle de la conférence officielle, se déroulera le Sommet des peuples, lancé par 200 organisations écologistes et mouvements sociaux du monde entier. Il sera un espace de protestations contre ce « capitalisme vert » prôné par la conférence officielle, un terme trompeur, selon elles, pour désigner une autre étape d’accumulation capitaliste.
Au programme de ce rendez-vous, figurent également des discussions sur l’organisation de la gouvernance mondiale pour le développement durable Le consensus semble s’orienter non pas vers la création d’une instance onusienne, mais vers le renforcement du PNUE, le programme des Nations Unies pour l’environnement.