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OCDE Le soutien à l’agriculture n’a jamais été aussi bas dans les pays de l’OCDE

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Le soutien public à l'agriculture dans les pays de l'OCDE est tombé à 18 % des recettes agricoles totales en 2010. Les prix élevés des matières premières expliquent cette baisse sans précédent, selon un rapport de l'organisation publié le 21 septembre.

La tendance à la baisse du soutien public à l'agriculture dans les pays de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques constatée ces dernières années se poursuit. Ce soutien s'est établi en 2010 à 227 milliards de dollars (172 milliards d’euros), soit -5,8 % par rapport à 2009, a précisé l’OCDE dans un rapport publié à Genève à l'occasion du Forum public de l'OMC. Le soutien public est cependant toujours octroyé en majeure partie de telle sorte qu'il fausse la production et les échanges, déplore toutefois le rapport. Il ne contribue guère à améliorer la productivité et la compétitivité, à assurer une utilisation durable des ressources ou à aider les agriculteurs à faire face aux risques.

De 1 % en Australie à 60 % en Norvège

Le niveau du soutien varie fortement selon les pays. Sur la période 2008-2010, la Nouvelle-Zélande affichait le niveau le plus bas en proportion des recettes agricoles, à savoir 1 %, suivie de l'Australie (3 %), puis du Chili (4 %). Les Etats-Unis (9 %), Israël et le Mexique (12 %) et le Canada (16 %) se sont eux aussi situés au-dessous de la moyenne de l'OCDE. L'UE a ramené le niveau de son soutien à 22 % du revenu agricole, mais elle continue de dépasser la moyenne.
A l'autre extrémité se trouvent la Corée du Sud (47 %), l'Islande (48 %), le Japon (49%), la Suisse (56 %) et la Norvège (60 %).
Dans les économies émergentes, le soutien à l'agriculture est généralement plus modeste qu'au sein de l'OCDE, mais il varie aussi d'un pays à l'autre. Globalement, le soutien est très inférieur à la moyenne de l'OCDE en Afrique du Sud, au Brésil et en Ukraine, tandis qu'il s'en rapproche en Chine et la dépasse désormais en Russie.

Remettre en question le statu quo

Selon l'OCDE, la hausse de la demande mondiale de produits alimentaires, l'augmentation des prix, la volatilité croissante des marchés et les pressions de plus en plus fortes sur les ressources plaident pour une remise en question du statu quo.
Les pays devraient mettre l'accent sur l'amélioration de la productivité agricole, de la durabilité et de la compétitivité à long terme, et non plus sur des actions qui faussent les marchés. De même, la politique agricole devrait appuyer davantage la recherche, l'innovation et l'enseignement.
Si la hausse des cours agricoles crée des possibilités pour les agriculteurs, l'OCDE note également que le niveau élevé et la volatilité des prix alimentaires ont des conséquences particulièrement graves pour les plus pauvres de la planète. Des filets de sécurité plus efficaces peuvent aider à répondre à leurs besoins immédiats.
Mais ce sont les politiques propices à l'accroissement de la productivité agricole qui apporteront une solution sur la durée, affirme l'OCDE.

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