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Saumon/ Conjoncture Le syndicat du saumon fumé inquiet des hausses de prix du poisson

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Les fabricants français de saumon fumé, réunis au sein du Syndicat national des industries du saumon et de la truite fumés (STF)*, s’alarment des hausses de prix impressionnantes des prix du saumon enregistrées ces dernières semaines. Après une année d’accalmie relative en 2012, le prix moyen du saumon norvégien, principale provenance, a récemment grimpé à près de 5,20 €/kg, contre moins de 3,50 €/kg en février 2012, soit près de 50 % de hausse en un an, note le syndicat dans un communiqué. Cette augmentation des prix du saumon est liée à la forte demande du marché, à laquelle les producteurs norvégiens, écossais et irlandais n’arrivent pas à faire face, d’autant que la Russie et la Chine se sont mises à acheter massivement. « Le renouveau de la production au Chili, qui fournit principalement du saumon d’élevage, profite pour les plats cuisinés mais pas pour la production de saumon fumé qui nécessite des saumons frais », note Pierre Commere, secrétaire général de l’Adepale, en charge des produits de la mer.

Des entreprises en difficulté

« Face à ce yoyo des prix, certaines entreprises sont confrontées à des difficultés », poursuit-il d’autant que les grandes enseignes « sont promptes à demander des baisses lorsque les cours baissent mais sont lentes à répercuter les hausses subies par les industriels qui les fournissent ». Or, le prix du poisson à transformer représente environ 55 à 60% de la valeur dans le saumon fumé. Cette conjoncture difficile a conduit la société la Saumonerie St Ferréol à se placer en redressement judiciaire l’an dernier et a été rachetée par son concurrent Delpeyrat (groupe Maisadour). De même, au niveau européen, la société polonaise Morpol, en difficulté, va passer sous le contrôle du norvégien Marine Harvest. La France a produit 31 000 tonnes de saumon fumé et 2 900 tonnes de truite fumée en 2011, pour un CA de 571 millions d’euros, mais elle est quasiment totalement dépendante des importations de matière première. Elle ne dispose que d’un site d’élelvage à la pointe du Cotentin qui ne fournit que 1 000 tonnes par an. Cette industrie emploie près de 3 000 salariés permanents et génère une activité économique faisant vivre plus de 7 000 familles en France.

* Le syndicat regroupe 11 adhérents: Aqualande – Bretagne Saumon (Guyader) – Delpierre (Labeyrie Fine Foods) – Fjord King – Labeyrie – Le Borvo – Ledun Pêcheurs d’Islande – Marine Harvest Kritsen – Moulin de la Marche – Maison Peneau – Société nouvelle Saumonerie St Ferréol (Delpeyrat-Maisadour).

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