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Le TTIP bousculé par le Brexit

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Pour les Américains, le libre-échange avec l’UE sans le Royaume-Uni est moins « attractif ». En tout cas, les négociations en cours ne risquent pas d’aboutir d’ici la fin de l’année, selon le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan.

Les États-Unis « nous ont fait comprendre » que le Brexit ne permettra pas aux négociations de libre-échange transatlantique (TTIP) « d’aboutir en 2016 », a affirmé Phil Hogan devant la presse à l’issue du Conseil de l’UE, le 18 juillet. Généralement très critique à l’égard de la position de Washington dans ces pourparlers, le commissaire européen à l’agriculture a néanmoins constaté pour la première fois « certaines évolutions sur les tarifs douaniers, les indications géographiques, les mesures sanitaires et phytosanitaires » lors du dernier cycle de pourparlers entre les deux parties conclu trois jours plus tôt. Ceux-ci se poursuivront en octobre.

Divergences persistantes

En fait, les positions semblaient encore très éloignées à l’issue de la 14e série de pourparlers du TTIP tenue du 11 au 15 juillet à Bruxelles, les Européens insistant pour une ouverture accrue des marchés publics américains et la protection des indications géographiques, les États-Unis exigeant plus de concessions de l’UE sur la libéralisation des échanges agricoles.

« Les questions les plus difficiles sont les dernières à négocier. Nous devons de façon urgente entamer les discussions sur les 3 % de lignes tarifaires restantes », c’est-à-dire les produits agricoles sensibles, a déclaré Dan Mullaney, le négociateur américain en chef. « L’UE et les États-Unis estiment qu’il faudrait en arriver à terme à une levée de tous les droits tarifaires. Les États-Unis tentent véritablement de pousser à la roue sur les tarifs douaniers », a-t-il insisté.

« Nos exportations de produits agricoles sont en hausse partout dans le monde et en déclin pour ce qui est de l’Europe », a souligné Dan Mullaney, confirmant par ailleurs que les États-Unis restent inflexibles sur la question des indications géographiques.

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Le principal négociateur de l’UE, Ignacio Garcia Bercero, a reconnu que, sur ce dernier point, les positions restaient « assez éloignées », son homologue américain réaffirmant la robustesse du système de protection dont bénéficient les producteurs européens aux États-Unis pour leurs fromages et leurs vins.

Le marché européen moins « attractif » sans le Royaume-Uni

Le vote sur le Brexit « ne retarde en aucun cas notre détermination dans les négociations », a assuré Ignacio Garcia Bercero.

De son côté, le négociateur en chef américain a confirmé que la décision des Britanniques, par référendum, de quitter l’UE soulevait de nouvelles questions, le Royaume-Uni représentant 25 % des exportations des États-Unis vers l’Union. Après le Brexit, « les relations économiques et stratégiques restent fortes, mais, en même temps, le retrait du Royaume Uni du marché européen va affecter la valeur du marché de l’UE », a-t-il relevé.

« Un des problèmes qui nous occupent est que le Royaume-Uni est une partie très importante de l’UE et une partie très importante de ce qui rend le TTIP attractif », avait déclaré dès le 14 juin le représentant américain au commerce Michael Froman.