L’entreprise vendéenne Albatros a signé avec McDonald’s un contrat de fourniture européen qui porte sur 26 millions de sachets de croûtons. Cet accord couronne la stratégie gagnante du boulanger industriel, qui ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin…
François Gourneau est fier du contrat qu’Albatros vient de signer avec McDonald’s. En 1987, alors cadre de l’entreprise vendéenne de boulangerie industrielle, il rachète 100 % des parts. Quatre ans après, las de voir ses marchés principaux, les biscottes et le pain grillé, s’émietter, et désireux de mettre en œuvre le savoir-faire industriel de sa société, il se met au croûton. L’idée s’avère judicieuse puisque treize ans après, les petits morceaux de pain grillé sont les premiers contributeurs à la croissance de l’entreprise. Et le nouveau contrat avec McDonald’s renforce encore leur prépondérance. L’accord, signé en décembre dernier, prévoit la fourniture de 26 millions de sachets de croûtons (14 g), bien évidemment peu gras, pour quinze des seize pays européens concernés par le lancement de nouvelles salades. Pour y subvenir, Albatros a investi 500 000 euros dans une nouvelle ligne dédiée au géant du fast-food.
Sur tous les fronts
Disposant d’un site à Fontenay-le-Comte, l’entreprise s’est dotée en 2000 d’une deuxième unité, où la production de biscottes et pains grillés a été transférée. Son usine première, elle, a été spécialisée dans les produits les plus dynamiques, à savoir les croûtons et les mini toasts. « A notre arrivée sur le marché du croûton, ce n’était pas un marché à part entière. Depuis, nous essayons de le remuer… Nous sommes sur tous les fronts », s’enthousiasme l’actuel p.-d.g. Cette dynamisation passe par une politique commerciale active qui pousse Albatros à prospecter tous les industriels fabriquant des produits qui pourraient être accompagnés de croûtons, au premier lieu desquels les soupes et les salades. Elle travaille déjà avec les soupes Campbell, Fleury Michon, Florette…
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Une indépendance vitale
Cette stratégie s’avère payante : depuis 2001, Albatros a doublé son chiffre d’affaires, qui atteint les 16 millions d’euros (dont 40 % réalisés à l’étranger), soit une croissance annuelle de 20 %, que François Gourneau impute à l’indépendance de son entreprise. « Notre efficacité est intrinsèquement liée à la petite taille de notre structure et à son indépendance. » Il fait ainsi allusion à ses concurrents qui tous, sont dans un autre cas : Tipiak est coté en Bourse, Flodor appartient à Unichips (Italie), et Vico à Intersnacks (Allemagne). Ils bénéficient de marques propres à forte notoriété alors que pour l’heure, Albatros se concentre sur les MDD, qui constituent 70 % de son activité. « Je lancerai ma marque quand le chiffre d’affaires aura été multiplié par 10 !», plaisante François Gourneau. En attendant, il souhaite conserver son indépendance. « Faire entrer un financier au capital en cas de projet important, pourquoi pas ? Mais je ne serai jamais minoritaire dans mon entreprise », assure-t-il.