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Négociations de l’OMC L’échéance de 2010 menacée

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Le cycle de Doha est-il définitivement voué à s’enliser, à cause, entre autres, de l’intérêt très relatif que portent les Etats-Unis à la conclusion de ces pourparlers ? C’est en tout cas le sentiment qui prévaut du côté européen. Le sommet UE/Brésil qui s’est tenu le 6 octobre a d’ailleurs reconnu que, « en l’absence de progrès » dans les mois qui viennent, l’objectif de conclure les pourparlers multilatéraux en 2010 sera « menacé ».

A Genève, le Comité de l’agriculture de l’OMC va poursuivre dans les semaines du 12 octobre, 16 novembre et 7 décembre ses discussions techniques concernant les « formulaires » que les pays membres seront censés utiliser pour préciser leurs engagements ainsi que les données qui s’avéreront nécessaires. Les premiers échanges de vues sur ces questions, le 25 septembre et le 1er octobre ont été qualifiés de « bon début » par l’ambassadeur néo-zélandais, David Walker, qui préside les travaux. Pour l’heure, toutefois, les Etats-Unis ne semblent pas prêts à vraiment s’engager dans les pourparlers, selon une source communautaire.

« Frilosité » américaine
Au plus haut niveau politique aussi, le président américain Barack Obama s’est peu prononcé sur le cycle de Doha lors du dernier sommet du G-20 les 24 et 25 septembre à Pittsburgh (Etats-Unis) et a même appelé ses interlocuteurs à faire preuve de réalisme, souligne-t-on du côté européen (1).
« Je suis très pessimiste sur l’avenir du cycle de Doha », admettait ainsi récemment la secrétaire d’Etat française au commerce extérieur, évoquant la « frilosité » des Etats-Unis, mais aussi de l’Europe. Selon elle, il est même « un peu trop tard » pour conclure un accord à Genève. C’est dans ce contexte que les pays membres de l’OMC s’efforceront, au niveau des hauts fonctionnaires, de relancer les pourparlers dans la semaine du 19 octobre. Le 30 novembre s’ouvrira à Genève une conférence ministérielle, qui, prévoit-on du côté européen, se contentera de faire le point, mais ne sera en rien un moment de vérité.
Cette conférence sera précédée les 28 et 29 novembre d’une réunion ministérielle du groupe des grands pays agricoles exportateurs et en développement, également dénommé G-20.
A Pittsburgh, les dirigeants des vingt principaux pays industrialisés et émergents ont également demandé à leurs ministres du commerce de « faire le point de la situation au plus tard début 2010 ».

(1) Voir n° 3220 du 05/10/09

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