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Enseignes Leclerc se dit gagnant malgré la morosité ambiante

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Le « modèle économique » des Centres Leclerc, basé sur « des prix très bas », selon Michel-Edouard Lelerc, apparaît gagnant au vu des résultats de l’enseigne sur 8 mois, en croissance de 5% (2,5% hors carburant) soit mieux que ses principaux concurrents. Promettant d’atteindre les 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’année, contre 26,7 Mds en 2004, le co-président du groupement ne s’en inquiète pas moins des suites de la « fausse réforme » de la loi Galland et des fortes hausses qu’annoncent d’ores et déjà les industriels qui viennent d’envoyer leurs conditions générales de vente.

L’enseigne des Centres E. Leclerc a réalisé un chiffre d’affaires de 19,3 milliards d’euros sur les huit premiers mois de 2005, en hausse de 5 % sur la même période de 2004, et prévoit pour 2006 une croissance de ses ventes « du même ordre », a indiqué à la presse Michel-Edouard Leclerc cette semaine. Hors carburant, l’enseigne a accru ses ventes de 2,5 % à 15,8 milliards d’euros. « La performance du groupe est très bonne et montre la pertinence du modèle Leclerc depuis trois à quatre ans », s’est félicité M. Leclerc. Un modèle qui repose sur « l’indépendance du réseau, une stratégie de prix les plus bas sur la totalité des produits, une politique de diversification sous la même enseigne et un engagement sans cesse renouvelé pour la défense des intérêts du consommateur», a-t-il expliqué.

Pour 2006, « notre volonté est de rester le plus performant possible sur l’offre de prix » et le dirigeant dit viser les 30 milliards de chiffre d’affaires en 2005 et prévoir une croissance d’environ 5 % en 2006 malgré la conjoncture.

En France, à fin août, le chiffre d’affaires a progressé de 4,1% à 18,3 mds EUR. Hors carburant, la croissance atteint 1,7% à 14,9 mds EUR. Centres E. Leclerc « tire son épingle du jeu » dans un secteur qui pâtit d’une consommation dans les hypermarchés et supermarchés mal orientée, souligne le groupe. Et de relever que, selon la Banque de France, à fin août 2005, toutes enseignes confondues avec carburant, les ventes des hypermarchés étaient en recul de 0,9 % et celles des supermarchés de 1,3 %. Pour le seul mois de septembre, Centres E. Leclerc a vu son chiffre d’affaires avec carburants évoluer de 8 %.

Toujours n°1 en part de marché

L’enseigne a conforté sa place de première enseigne en termes de part de marché avec 17% (+0,5 point), suivie par Carrefour qui s’est stabilisé à 14,6 %, puis le hard-discount « soutenu par l’expansion de son parc » à 11,8 % (+0,7 pt), révèle le groupe, citant le panel consommateurs Secodip. Intermarché perd en revanche 0,6 point à 10,6 % et Auchan 0,3 pt à 10,7%.

Le groupe se targue d’enregistrer une bonne croissance de son taux de fidélité (+30,8 % selon Secodip), en tête devant ses concurrents avec un taux de progression de 1,8 point. Il totalise 6,6 millions de personnes adhérant à son programme de fidélité.

Il enregistre en revanche un taux de pénétration (pourcentage de clients ayant fréquenté au moins une fois l’enseigne) en repli de 1 point à fin juin 2005 pour s’élever à 54,7%, tandis que ce taux croît de 1,5 point à 68,6 % pour le hard-discount.

L’enseigne se prévaut de jouir d’un capital d’image « formidable». Son image « prix » demeure très positive tandis que celle de Carrefour ne s’est pas améliorée « en dépit de forts investissements commerciaux sur ce créneau», affirme M. Leclerc se référant à une étude de la Sofres. Dans 92% des cas, les Centres E. Leclerc sont « les moins chers dans leur zone de concurrence », assure cette dernière.

« Notre créneau, c’est d’être le moins cher sur tout et de défendre l’ensemble du pouvoir d’achat avec un format d’hypermarché à taille humaine, une stratégie qui est gagnante», a insisté M. Leclerc.

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Le groupe a également souligné la « réussite » des concepts spécialisés, autre moteur de la croissance et qui constituent aujourd’hui une force de frappe commerciale autour de l’hypermarché. M. Leclerc a indiqué « travailler sur beaucoup de chantiers», par exemple le groupe va inaugurer la semaine prochaine une usine d’embouteillage d’eaux, a-t-il révélé.

Haro sur les hausses de tarifs annoncées

La réforme de la loi Galland « ouvre un certain nombre de perspectives de réajustements de prix », mais si les fournisseurs ne baissent pas leurs tarifs, « nous jouerons à fond les marques de distributeurs », a déclaré Michel-Edouard Leclerc à l’issue de cette présentation.

« Nous allons utiliser ces perspectives de réajustement de prix au maximum pour aller jusqu’à creuser l’écart avec nos concurrents », a-t-il souligné. La réforme est un « compromis», estime M. Leclerc, selon qui « dans ce projet, le fournisseur reste maître de son tarif», et il n’y a pas « une très grande marge de manoeuvre concédée aux distributeurs ».

La réforme de la loi Galland n’est qu’un « simple amendement », selon lui, en prévoyant une diminution du seuil de revente à perte. Les marges arrière, ristournes accordées par le fournisseur au distributeur au titre de la coopération commerciale, seront ainsi limitées à 20% du tarif officiel au 1er janvier 2006 puis à 15% au 1er janvier 2007.

Mais déjà, M. Leclerc a indiqué avoir reçu « des tarifs à défaut de conditions générales de vente ». Ainsi, les secteurs de produits d’entretien, cosmétiques ou parfumerie ont annoncé des hausses allant jusqu’à 17%, a-t-il précisé : « Nous sommes là dans une explosion tarifaire, 78 % des augmentations étant supérieures à 4 %».

Aussi, « soit les fournisseurs comprennent notre positionnement et nous les accompagnerons, y compris en baissant nos marges, ou bien ils ne le font pas et alors nous jouerons à fond les marques de distributeurs , a-t-il prévenu.

Les MDD chez Leclerc représentent 28% en valeur du chiffre d’affaires du groupe. « Nous sommes prêts à les faire monter au tiers l’an prochain, voire entre 33 et 35% d’ici deux ans», a-t-il averti. L’an dernier, M. Leclerc avait annoncé son intention, dans le cas où la loi Galland n’était pas modifiée, de lancer une chaîne de « hard discount ». Avec la réforme, et malgré sa complexité, il revient quelque peu sur cette décision. Les hypermarchés vont retrouver « leur attractivité » et la priorité leur sera donnée, a-t-il dit. Il « ouvrira néanmoins des hard discount, mais complémentaires aux hypermarchés ». Baptisés « Leclerc Express », ces magasins de « soft-discount » offriront surtout des MDD.