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HUILES VÉGÉTALES/AVIS L'EFSA préoccupée par les contaminants issus du processus de transformation des aliments

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L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de rendre un avis, un brin alarmant, à propos de trois substances chimiques qui se forment lors de la transformation des aliments. Il apparaît que les contaminants à base de glycérol générés durant le processus de transformation et présents dans l'huile de palme, ainsi que dans d'autres huiles végétales, dans les margarines et dans certains aliments transformés posent des problèmes potentiels de santé pour les consommateurs des tranches d'âge jeunes et, pour les grands consommateurs, dans toutes les tranches d'âge.

Le Groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (dit « groupe CONTAM ») de l'EFSA a évalué 7 175 données d'occurrence pour analyser les risques pour la santé publique associés aux substances chimiques suivantes : esters glycidyliques d'acides gras (GE), 3-monochloro-propanol-1,2-diol (3-MCPD) et 2-monochloro-propanol-1,2-diol (2-MCPD). Ces trois substances se forment pendant la transformation des aliments, en particulier lors du raffinage des huiles végétales à des températures élevées (environ 200 °C). Les teneurs les plus élevées en GE, ainsi qu'en 3-MCPD et 2-MCPD (y compris leurs esters), ont été trouvées dans les huiles et les graisses de palme, devant d'autres huiles et graisses. Pour les consommateurs âgés de trois ans et plus, les margarines ainsi que la catégorie « pâtisseries et gâteaux » constituent les principales sources d'exposition à toutes ces substances.

LES ESTERS GLYCIDYLIQUES D'ACIDES GRAS SONT CANCÉRIGÈNES ET GÉNOTOXIQUES

« Il existe suffisamment de preuves indiquant que le glycidol est génotoxique et cancérigène et c'est la raison pour laquelle le groupe CONTAM n'a donc pas fixé de seuil de sécurité pour les GE », a affirmé Helle Knutsen, la présidente du groupe scientifique CONTAM. Son équipe a en effet analysé les informations sur la toxicité du glycidol (composé parent des GE) dans son évaluation des risques associés aux GE, en considérant une conversion complète des esters en glycidol après ingestion. Le groupe d'experts a conclu que les GE représentaient un danger potentiel pour la santé des tranches d'âge les plus jeunes ayant une exposition moyenne, et la santé des consommateurs de toutes les tranches d'âge présentant une exposition élevée à ce contaminant. « L'exposition des bébés consommant uniquement des préparations pour nourrissons constitue une inquiétude particulière car elle atteint jusqu'à dix fois le niveau considéré comme peu préoccupant pour la santé publique », a avertit Helle Knutsen. L'examen réalisé par le groupe scientifique a révélé par ailleurs que les niveaux de GE dans les huiles et les graisses de palme avaient néanmoins diminué de moitié entre 2010 et 2015, grâce aux mesures volontaires adoptées par les producteurs. Cette démarche aurait contribué à une baisse importante de l'exposition des consommateurs à ces substances.

L'EXPOSITION AU 3-MCPD DÉPASSE LE NIVEAU DE SÉCURITÉ

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raisses végétales et les produits qui en sont dé-rine et les produits similaires), les denrées ali-une alimentation particulière (nourrissons et is les préparations pour nourrissons et les pré-que les aliments diététiques destinés à des fins r nourrissons), les produits de boulangerie fine, conserves en boîte de viande (fumée) et de pois-gueules à base de pommes de terre ou de cé-s à base de pommes de terre frites. « Nous avons fixé une dose journalière tolérable (DJT) de 0,8 microgrammes par kilogramme de poids corporel (µg/ kg de poids corporel/jour) pour le 3-MCPD et ses esters d'acides gras en nous fondant sur les éléments de preuve reliant cette substance à des lésions affectant les organes observées dans les essais sur des animaux », a expliqué Helle Knutsen. Elle a reconnu que « les informations toxicologiques étaient cependant trop limitées pour fixer un seuil de sécurité pour le 2-MCPD ».

Les estimations pour l'exposition moyenne et élevée au 3-MCPD des deux formes pour les tranches d'âge jeunes, y compris les adolescents (jusqu'à l'âge de 18 ans) dépassent la DJT et représentent donc un danger sanitaire potentiel. Selon les experts européens, « l'huile de palme contribue de façon majeure à l'exposition au 3-MCPD et au 2-MCPD pour la plupart des individus. Les niveaux de 3-MCPD et ses esters d'acides gras dans les huiles végétales n'ont pratiquement pas changé au cours de ces cinq dernières années ».

QUELLE ACTION ENTREPRENDRE MAINTENANT ? Cette évaluation est destinée aux gestionnaires du risque de la Commission européenne et des États membres qui sont chargés de réglementer la sécurité des aliments dans l'Union européenne. Ils se fonderont sur l'avis scientifique de l'EFSA pour réfléchir à la manière de gérer les risques pour les consommateurs liés à une exposition à ces substances par l'intermédiaire de leur alimentation. Le groupe scientifique de l'EFSA a aussi formulé plusieurs recommandations en vue de poursuivre les recherches afin de combler les lacunes dans les données et d'améliorer les connaissances sur la toxicité de ces substances, en particulier celle du 2-MCPD, et sur l'exposition des consommateurs à ces contaminants par l'intermédiaire de leur alimentation. Aziz Ben Marzouq

Des recommandations officielles dès l'année 2014

La Commission européenne avait, dès le 10 septembre 2014, recommandé aux États membres de procéder – avec la participation active des acteurs du secteur des denrées alimentaires – à la mise en place d'une surveillance visant à détecter la présence de 2-et 3-MCPD, d'esters d'acides gras de 2-et 3-MCPD et d'esters d'acides gras de glycidol dans les denrées alimentaires. Les cibles de cette surveillance étaient notamment les huiles et graisses végétales et les produits qui en sont dérivés (tels que la margarine et les produits similaires), les denrées alimentaires destinées à une alimentation particulière (nourrissons et jeunes enfants y compris les préparations pour nourrissons et les préparations de suite ainsi que les aliments diététiques destinés à des fins médicales spéciales pour nourrissons), les produits de boulangerie fine, pains et petits pains, les conserves en boîte de viande (fumée) et de poisson (fumé), les amuse-gueules à base de pommes de terre ou de céréales et autres produits à base de pommes de terre frites.