La branche cidricole du groupe Agrial, reprise au groupe familial Favennec en 2004, a réussi l’an dernier à parachever son redressement.
Le groupe cidricole constitué de CCLF, de l’ancienne filiale de Pernod Ricard CSR (Loïc Raison) et de la société Guillet a eu à faire face depuis 2002 à la situation très lourdement négative de CSR dont le déficit atteignait 3,7 millions d’euros pour un chiffre d’affaires alors de 57,9 M EUR. Aujourd’hui, le nouvel ensemble qui regroupe les marques La Fermière, Ecusson, Loïc Raison, Duché de Longueville et La Cidraie, dépasse les 100 millions d’euros, dont 68,1 M pour CSR, et a terminé l’année sur un résultat courant positif avant impôt de 3 millions d’euros. Franck Malinowski, qui avait été l’artisan du rachat de CSR par CCLF et à qui Agrial a laissé les commandes de l’ensemble des sociétés cidricoles, se félicite d’avoir pu mener à bien ce redressement malgré un marché demeuré bon an mal an assez difficile.
Rénovation et productivité
Le contexte du marché français a été mitigé, en GMS, les ventes de cidre en 2005 ont fini l’année sur une progression de 2 % en volume mais de seulement 1,5 % en valeur. Pour sa part, le numéro 1 du secteur a fait un peu mieux avec un chiffre d’affaires en progression de 2,5 %. Cela est dû à ses ventes de cidre bouché à la marque Ecusson qui ont progressé de 4 % en volume tandis que celles de Loïc Raison ont augmenté de 1,5 %, et les fabrications à marques distributeur (40% du total) de 2 %. En revanche, selon Franck Malinowski, le segment du cidre de table en bouteille verre consigné ou en PET « a connu des ratés», affichant un recul de 7 % l’an dernier.
Les efforts de rénovation de la gamme, de revalorisation des produits et d’innovation qui étaient nécessaires pour maintenir les ventes se sont avérés payants. Les forces de vente ont pu être renforcées dans le cadre d’un accord de mutualisation conclu pour l’utilisation des services de la filiale Eclor Développement par la société Ackermann/Rémy Pannier (vins effervescents) et par les bières Corona.
Les produits à la marque Loïc Raison ont été « relookés » en accentuant leur image bretonne et ils sont maintenant proposés aussi en format individuel de 25 cl pour de nouveaux moments de consommation. La gamme Ecusson s’est affirmée de plus en plus « premium ». Grâce aux moyens de R&D du groupe Agrial, la branche cidricole a aussi innové dans le domaine des jus de pomme, vendus sous marque Eclor, une activité qui représente déjà près de 15 M EUR. A l’exportation, les ventes de cidre, de jus et de pétillants de raisin se développent en direction de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la Russie notamment. Un test est effectué aux Etats-Unis, qui sera suivi d’autres vers l’Asie. Le service export, dont l’effectif est passé de 3 à 6 personnes, pilote déjà 10 % du chiffre d’affaires du groupe. Ces efforts se sont conjugués avec de meilleures conditions d’approvisionnement lors de la renégociation des contrats avec les producteurs de pommes et avec des progrès de productivité liés à un investissement de 5 M EUR dans les outils industriels, à la fermeture en 2004 d’un site de conditionnement à Messac, dont l’activité a rejoint l’usine de Domagné, et à la réunion des deux sièges sociaux. Au final, les pertes de CSR ont été épongées, puisque le résultat courant de cette société est passé en deux ans de -1,8 M EUR à +0,7 M EUR tandis que CCLF améliorait ses performances à +1,6 M et Guillet à +0,4 M.