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Les accords préférentiels critiqués par la Banque mondiale

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Les producteurs de sucre européens, américains et japonais touchent pour leurs récoltes plus de trois fois le prix payé en moyenne sur le marché mondial grâce aux mécanismes protectionnistes mis en place par les gouvernements de ces pays industrialisés, souligne un rapport de la Banque mondiale publié le 10 janvier sous le titre Global Agricultural Trade and Developing Countries Voir même numéro. Les 6,4 milliards de dollars de subventions et aides fournies chaque année par ces pays à leurs producteurs de sucre équivalent, en valeur, à l’ensemble des exportations sucrières de tous les pays en développement réunis. Ainsi, 80 % de la production mondiale de sucre est-elle subventionnée, dénonce ce rapport sur le protectionnisme en agriculture.

De plus, les accords d’accès préférentiels et régionaux empêchent souvent les producteurs à bas prix d’entrer sur les marchés couverts par ces arrangements. Et le système des quotas ne concerne que trop peu de pays, et souvent pas les plus pauvres, notent encore les auteurs du rapport. Par exemple, l’Ile Maurice a obtenu 38 % des quotas d’exportation vers les pays européens. La Thaïlande, producteur à très bas prix, ne peut exporter que 15 000 tonnes de sucre par an aux Etats-Unis, alors que les Philippines bénéficient d’un quota dix fois plus important et ne peuvent souvent pas les honorer, selon le rapport.

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La solution pour mettre fin à ces distorsions passe par la libéralisation multilatérale, rappelle la Banque mondiale, afin de supprimer progressivement tous ces accords préférentiels. Selon elle, il faudrait profiter de la révision du régime du sucre de l’UE et de l’expiration de la loi agricole américaine (Farm Bill) en 2007 pour engager des réformes conséquentes.

Enfin, le rapport dénonce le Japon comme un « bastion du protectionnisme » non seulement pour le sucre mais également pour le riz, subventionné à des niveaux équivalents à 700 % du prix mondial de cette denrée essentielle dans les pays asiatiques en développement.