Les agriculteurs plébiscitent à plus de 80 % leur presse agricole spécialisée mais ils ont beaucoup moins confiance dans les médias généralistes de type presse écrite, radio, internet ou télévision que le grand public. C’est ce que révèle un sondage BVA/Afja sur le traitement de l’information agricole dans les médias présenté le 8 décembre lors du cinquantenaire de l’association française des journalistes agricoles (AFJA).
Les agriculteurs sondés dans le cadre de l’enquête BVA/Afja * plébiscitent à 82 % la presse professionnelle agricole, révèle un sondage présenté le 8 décembre dans le cadre du cinquantenaire de l’Afja (Association française des journalistes agricoles). À la question « faites-vous confiance aux médias généralistes concernant l’information qu’ils fournissent sur l’agriculture en général (presse écrite, radio, internet, télévision) ? », les agriculteurs se montrent plus méfiants que le grand public. Le support pour lequel ils ont le plus confiance est la presse écrite grand public avec 36 % contre 63 % de taux de confiance pour l’échantillon grand public. C’est sur ce média que le différentiel entre les deux cibles est le plus important, le grand public lui faisant fortement confiance alors que les agriculteurs lui accordent un crédit très faible. La radio arrive en deuxième position avec 35 % pour les agriculteurs et 58% pour le grand public, suivie de l’internet (30 % pour les agriculteurs, 38% pour le grand public) et la télévision (29 % et 45%). A noter que le grand public a davantage confiance dans la télévision (45 %) que dans l’internet (38 %). La radio affiche une confiance de 58 % pour le grand public. Sur le média internet, il faut noter que le taux de non-réponse est important, ce qui s’explique par un taux d’équipement de l’ordre de 40 % seulement.
Parler plus et mieux du métier
Interrogés sur la quantité d’informations disponibles dans les médias, les agriculteurs estiment que l’on ne parle pas « suffisamment de leur métier » alors que le grand public se considère, lui, correctement informé. En effet, 39 % des agriculteurs se déclarent suffisamment informés sur la « place de l’agriculture dans l’économie » contre 48 % pour le grand public. Par contre, les agriculteurs sont beaucoup plus nombreux à s’estimer suffisamment informés sur l’environnement, à 67 % contre 48 % pour le grand public. La qualité de l’information affiche 59 % pour les agriculteurs et 48 % pour le grand public. Par contre, les deux cibles sont beaucoup plus critiques sur la qualité de l’information. Seuls les thèmes abordant l’alimentation et la sécurité alimentaire obtiennent des scores proches de 50 %. En revanche, l’information sur les OGM est jugée insuffisante aussi bien par le grand public (28 %) que par les agriculteurs (29 %). Même appréciation pour la Pac (politique agricole commune) : les deux cibles jugent que l’information n’est pas satisfaisante. Seuls 28 % des agriculteurs sondés sont satisfaits contre 31 % pour le grand public. Quant à l’usage des pesticides, les agriculteurs en tant que professionnels s’estiment plutôt mieux informés que le grand public même si le score de satisfaits reste faible.
* deux échantillons représentatif des 2 populations : 400 agriculteurs de plus de 35 ha de SAU et 1 000 personnes de 15 ans et plus. Les interviews ont été réalisées au cours du mois de novembre.