La CGB (planteurs de betteraves) a réclamé le 7 décembre une transparence sur les prix et « une stratégie complète de gestion des risques en associant les planteurs ».
« Nous demandons davantage de transparence », a déclaré le président Eric Lainé, soulignant la « grande incertitude sur les prix ». Avec la fin des quotas, les planteurs disposent de « beaucoup moins de données ». L’état actuel des marchés suppose une betterave rémunérée à 22 euros/t hors pulpe, calcule la CGB qui tient son assemblée générale le 12 décembre. Mais cela ne présume pas la stratégie commerciale des entreprises sur l’ensemble de la campagne : en février 2017, c’était 26 euros/t (contre une moyenne sur cinq ans de 28 euros/t). L’absence de cotations officielles entretient le flou, déplore la CGB. Et de livrer quelques repères : dans l’UE, le prix est de 350 euros/t sortie sucrerie française depuis octobre (-28 % par rapport à 2016-2017), soit une betterave à 22,8 euros/t. Sur le marché mondial, il se situe à 325 euros/t depuis le début de la campagne, soit une betterave à 18 euros/t.
Des outils face à la volatilité
Face à la volatilité des cours, la CGB défend plusieurs outils. Elle veut des contrats « diversifiés » entre planteurs et industriels : les marchés à terme peuvent aider à proposer des prix minimums, fixes ou moyens. Mais aussi « équilibrés », avec un juste partage de la valeur et du risque : « Les indemnités d’arrachage précoce doivent être relevées », a pointé notamment Eric Lainé. Concernant l’épargne de précaution, la CGB attend un coup de pouce via la réforme de la fiscalité agricole prévue en 2018. Autre outil, l’assurance récolte pour laquelle « le gouvernement doit s’approprier la possibilité offerte par l’UE d’un déclenchement à 20 % de perte ». Le fonds mutuel sectoriel fait également partie du volet gestion des risques exceptionnels, que le règlement omnibus de la Pac vient de faciliter. La CGB est en train de l’expertiser pour avancer des propositions auprès de ses partenaires et des pouvoirs publics.
Stop aux importations de palme
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Un axe stratégique du syndicat est aussi d’allier compétitivité et environnement. La prochaine interdiction des néonicotinoïdes constitue pour la CGB « un risque majeur », avec une perte de rendement de 10 à 12 % en moyenne, la disparition de la culture dans certaines régions. D’où sa demande d’une dérogation pour la betterave. Parallèlement, un projet de recherche est lancé avec l’ITB (institut technique) pour trouver des alternatives aux néonicotinoïdes sous un délai de trois ans. Concernant le dossier éthanol, la CGB demande la fin des importations d’huile de palme. Ses dérivés sont de plus en plus incorporés dans les essences, atteignant 14 % des biocarburants. Or, ils n’ont pas de spécification technique, sont importés en mélange sans aucun contrôle de leur teneur et leur durabilité est sujette à caution, dénoncent les planteurs. À propos de la directive Red 2, la CGB juge nécessaire de maintenir un objectif spécifique pour la part des énergies renouvelables dans les transports (15 %) alors qu’aucun objectif n’est prévu dans la proposition initiale, et d’additionner biocarburants conventionnels (7 %) et avancés. Une position également défendue par la France au sein de l’UE.
Avec la fin des quotas, les planteurs disposent de « beaucoup moins de données »
Pierre Rayé nouveau directeur général de la CGB
Depuis le 24 novembre, Pierre Rayé a été nommé directeur général de la CGB par le conseil d’administration. Agé de 35 ans, Pierre Rayé était jusqu’alors directeur du service économique de la CGB. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble et d’un master en finance et en négoce international des matières premières à l’Université de Bordeaux, il a commencé sa carrière en tant que trader puis analyste de marché, notamment chez InVivo. Il succède à Pierre-Emmanuel Bois qui ne sera resté que 11 mois à ce poste alors que lui-même avait pris la suite du charismatique Alain Jeanroy. Le conseil d’administration de la CGB a considéré que Pierre-Emmanuel Bois ne correspondait finalement pas au profil pour défendre les producteurs de betterave en France et à Bruxelles.