Mise en redressement judiciaire en 1989, l'enseigne Les Boucheries Bernard a maintenant terminé sa restructuration. La société, qui veut développer son réseau en procédant à des acquisitions, lance un appel de fonds.
Après une période de restructuration, les Boucheries Bernard qui connurent leur heure de gloire dans les années quatre-vingt, veulent se relancer. A l'époque, l'enseigne regroupait une quarantaine de boucheries traditionnelles en région parisienne pour un chiffre d'affaires d'environ 17 millions d'euros. À l'origine de ce nouveau projet, l'homme d'affaire André Der Krikorian, aux commandes de l'entreprise depuis 2004. « Nous visons des boucheries réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 1 million d'euros situées en région parisienne », explique le dirigeant. En 2016, deux entreprises sont ciblées, qui viendront s'ajouter aux deux boucheries situées à Champigny-sur-Marne et à Morangis. Le chiffre d'affaires des deux entités (22 salariés) est de 3,7 millions d'euros, avec un résultat net de 110 000 euros. Et en 2017, ce sont huit détaillants affichant une rentabilité d'au moins 10% qui sont visées.
LEVÉE DE FONDS
Mi-avril 2016, les Boucheries Bernard vont procéder à une levée de fonds d'un montant compris entre 1,2 et 1,5 million d'euros, afin de financer le premier achat. Les investisseurs auront la possibilité soit d'acheter des actions de gré à gré sur le carnet d'annonce, soit de souscrire un emprunt d'obligations convertibles en actions. Le carnet d'annonces, une plate-forme de libre échange de titres entre particuliers, créé par la société de conseil en ingénierie et innovation boursière (CIIB) pour les petites entreprises, est à mi-chemin entre le Marché Libre et le financement participatif. Cette procédure « offre un cadre plus réglementé que le Marché Libre, qui n'a de code que celui du commerce et une liquidité qui n'existe pas dans le crowdfunding », souligne Didier Salwa, le directeur général de CIIB. Dans le cas des Boucheries Bernard, quatre points de protection ont été mis en place pour les minoritaires : une notion de transparence en cas de défaillance de l'entreprise avant et pendant une éventuelle procédure avec convocation d'une assemblée générale, un contrôle des tableaux de bord une fois par trimestre, l'équivalent d'un instrument de liquidité et une procédure de maintien de cours en cas de changement d'actionnaires pour permettre aux minoritaires de sortir dans les mêmes conditions que les majoritaires.